Algérie: Le FCE propose l’introduction d’allègements fiscaux dans le cadre d’une LFC 2020


Alger — Le Président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Mohamed Samy Agli, a proposé mardi au gouvernement d’introduire des mesures d’allégement fiscal au profit des entreprises dans le cadre d’une loi de finances complémentaire pour l’année en cours.

« Nous espérons que la loi de finances 2020 sera modifiée par une loi de finances complémentaire qui doit traduire la volonté politique actuelle et les engagements du président notamment ceux en relation avec l’allègement fiscal et la suppression de la TAP », a déclaré M. Agli à la presse en marge d’une rencontre organisée par le FCE sur les dispositions de la loi de finances 2020.

De telles mesures d’allégement permettraient, poursuit-il, de « capter le marché l’informel qui représente une concurrence déloyale et un facteur de déstabilisation pour l’entreprise, et de prendre une charge une préoccupation majeure des entreprises en difficulté en raison du ralentissement de l’économie nationale ».

Les entreprises doivent, par ailleurs, obtenir une « contrepartie concrète » pour les impôts et taxes qu’ils payent, notamment en matière de services et d’infrastructures, a encore noté M. Agli citant, à titre d’exemple, la TAP qui alimente les communes alors que beaucoup d’opérateurs souffrent du manque des équipements nécessaires pour leurs activités (routes, alimentation en gaz et eau…).

Lors de cette rencontre, plusieurs experts et chefs d’entreprises ont plaidé pour la refonte du système fiscal algérien qui encourage -selon eux- l’économie informelle.

De son côté, le président de l’Association nationale des conseillers fiscaux, Boubekeur Sellami, a souligné la nécessité de réformer la relation entre le contribuable et l’administration fiscale.

Evoquant les nouvelles dispositions de la loi de finances 2020, il a estimé que le système fiscal demeure marqué par l’instabilité des textes.

Selon lui, les taux appliqués sur les professions non commerciales, qui relèvent désormais du régime d’imposition d’après le bénéfice réel, sont « très lourds » et « décourageants ».

L’expert en économie, Abderrahmane Benkhalfa, a appelé quant à lui, à mener « un travail de fond » pour que le système fiscal soit au profit des entreprises transparentes.

Concernant les dispositions de la nouvelle loi de finances, il a salué les exonérations destinées aux startups et aux PME, mais il a prôné des mesures incitatives pour les grandes entreprises: « Encourager les startups c’est bien, mais il faut savoir qu’elles ne peuvent vivre qu’à l’ombre des Big corporates ».

Rappelant que la loi de finances 2020 a été élaborée dans un contexte exceptionnel, M. Benkhalfa a, de son côté, mis l’accent sur l’importance de promulguer une loi complémentaire pour drainer des nouvelles ressources financières.

L’expert propose, dans ce sens, de recourir à l’emprunt obligataire et l’inclusion fiscale, tout en traçant une stratégie de sortie de la dépendance à la commande publique.



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