Brexit : les députés britanniques adoptent le projet de loi de retrait sans l’amender



Qu’il semble loin, le temps où les journalistes attendaient fébrilement et souvent nuitamment le résultat des votes sur le Brexit à la Chambre des Communes ! Les députés britanniques ont sans surprise adopté ce jeudi à une large majorité de 330 voix contre 231, soit 99 voix d’écart, le projet de loi de retrait traduisant en droit britannique l’accord de divorce conclu en octobre par Boris Johnson avec Bruxelles. Ouvrant ainsi la voix à un Brexit ordonné pour la fin janvier. 

C’est l’épilogue d’une saga qui s’était depuis deux ans et demi perdu dans les méandres d’une interminable guérilla parlementaire. Le précédent accord de Brexit conclu avec Bruxelles par Theresa May avait ainsi essuyé trois refus devant les députés et finalement coûté son poste à la Première ministre. 

Simple formalité

Signe du changement de rapport de force à la Chambre des Communes, où le nouveau Premier ministre Boris Johnson a retrouvé depuis sa 
victoire aux législatives de la mi-décembre

une confortable majorité de 80 voix, aucun amendement n’a été retenu par les députés, ni mardi ni mercredi. Le ministre du Brexit Stephen Barclay a commis un lapsus qui a provoqué l’hilarité des élus, juste avant le vote jeudi. Il les a remerciés pour leurs « deux ans » de travaux pour amender le texte, avant de se reprendre en précisant qu’il voulait dire « deux jours ».

Avant de se séparer pour la trêve de Noël, 
les députés avaient déjà voté le projet de loi dans son principe

par 358 voix contre 234, soit un écart de 124 voix, traduisant en droit britannique l’accord de divorce conclu en novembre par Boris Johnson avec Bruxelles.  

Chambre des Lords

Le projet de loi doit encore être débattu la semaine prochaine à la Chambre des Lords, qui pourrait l’amender. Mais les députés ont le dernier mot en cas de désaccord entre les deux chambres. Et les « MPs » conservateurs sont suffisamment nombreux pour pouvoir faire sauter les éventuelles modifications qui déplairaient au gouvernement. 

La suite de l’histoire

, à savoir la négociation d’un accord avec Bruxelles fixant le cadre de la relation future entre les deux blocs, s’annonce en revanche 
plus piégeuse pour le Premier ministre

. Boris Johnson a prévenu qu’il voulait conclure cet accord pour l’après-Brexit 
d’ici à la fin de l’année

. Mais en visite mercredi à Londres, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé ce délai de 11 mois impossible à tenir. Et elle a prévenu Boris Johnson qu’il faudrait dans ce cas 
faire des choix, en privilégiant des négociations ciblées

.



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