À Taïwan, la réélection de la présidente Tsai est une gifle pour Pékin



Échange de politesses

Candidate à sa propre réélection, Tsai Ing-wen, “qui se présente comme le meilleur défenseur de la démocratie taïwanaise”, a reçu le 11 janvier “le plus grand nombre de voix que les candidats n’aient jamais reçues depuis 1996, soit depuis que l’élection présidentielle taïwanaise se fait au suffrage universel direct”, rapporte le magazine Asia Nikkei Review. Ce score sans précédent représente un nouveau camouflet pour la Chine, deux mois après la défaite du camp pro-Pékin lors des élections locales de Hong Kong.

La victoire du Parti progressiste démocrate (DPP“risque d’inciter Pékin à renforcer sa campagne de pression contre l’île, qu’il considère comme une province rebelle”, estime le journal japonais. Désormais, “tous les yeux sont fixés sur la réaction de la Chine”.

L’agence Xinhua a imputé la défaite du candidat du Kuomintang, plus favorable au rapprochement de Taïwan avec la Chine, à des “tactiques électorales malhonnêtes” de la part de Tsai. L’agence officielle chinoise a ajouté que le scrutin “n’[était] pas une élection normale”, et que de “sombres forces extérieures” – allusion implicite aux États-Unis – avaient été à l’œuvre.

“Quels que soient les changements de la situation interne de Taïwan, le fait qu’il n’y a qu’une seule Chine dans le monde et que Taïwan en fait partie ne changera pas”, a déclaré de son côté Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères. Le ministre a réitéré les espoirs “que le monde soutiendrait la ‘juste cause’ du peuple chinois de s’opposer aux activités sécessionnistes et de ‘réaliser la réunification nationale’indique le site hongkongais EJ Insight“Aller contre cette tendance est une perte de temps. Les séparatistes pueront pendant dix mille ans”, a ajouté le ministre, selon le South China Morning Post.

De son côté, la présidente réélue s’était exprimée dès l’annonce des résultats à propos de la position de la Chine. “Dans son discours de victoire, la présidente Tsai Ing-wen a déclaré le 11 janvier que Pékin doit cesser de menacer de recourir à la force contre Taïwan, et que l’île ne cédera pas à l’intimidation”, rapporte le South China Morning Post. Et elle a réaffirmé son engagement continu pour des relations pacifiques et stables dans le détroit de Formose.





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