il n’est pas aisé de tomber malade dans la province du Kanem


SANTE – Tomber malade au Kanem n’est qu’une malchance. Le plus grand hôpital, les centres de santé et les districts de cette province manquent sérieusement des ressources matérielles et humaines de qualité.

Kanem est l’une des 23 provinces du Tchad, avec une superficie de 73 665 km2 avec une population estimée à 354 603 habitants (selon le recensement général de la population de 2009). Mais la zone est aux prises avec une panoplie de difficultés, d’ordre sanitaire. A Mao, chef-lieu de cette province, malgré la densité de la population qui le place 16e ville du Tchad, il est difficile d’avoir un hôpital digne de ce nom, avec un personnel qualifié et des infrastructures adéquates.

La plus grande structure sanitaire de cette province est l’hôpital provincial de Mao qui fonctionne avec un nombre très limité de personnel et des matériels de travail insuffisants.

Cet hôpital fonctionne grâce à l’appui de quelques volontaires autochtones et ceux venus d’ailleurs. 506 000, c’est le nombre de personnes qui bénéficient des services dudit hôpital mais le défi reste de taille : l’absence totale des poches de sang dans la banque de sang, manque de ressources, sans parler du poids de la tradition qui ne facilite guère le travail sur le terrain.

Pire est le cas du district de Kékédina

District de KéKédina, situé à 65km due Mao

Au district de Kékédina, situé à 65 kilomètres de la ville de Mao, seulement deux personnes font le «vrai travail ». Il s’agit de la sage-femme Christianne Gomoung et de l’infirmier Zebta Pareuh Michel. La première est recrutée par l’UNFPA et le second par l’Action contre la faim.

En clair, ce ne sont que des volontaires qui tiennent ce district et parmi eux, certains ne savent ni lire ni écrire. Si le problème de personnel qualifié est général au Kanem, au district de Kékédina, il n’y a pas une ambulance, ni une maternité. Une situation qui oblige la sage-femme à transformer parfois, son bureau en maternité.

Mais la plupart de cas, c’est à l’hôpital provincial de Mao qu’on défère les femmes en travail. Mais « puisque le district ne dispose pas d’ambulance, les femmes se présentent souvent avec des complications qui peuvent engendrer la mort, car l’ambulance doit faire 130 kilomètres pour amener la femme enceinte à l’hôpital de Mao », déclare docteur Luc Joseph Baradandikanya, l’unique gynécologue-obstétricien de la province.

La préfecture de Mondo n’est pas du reste

Salle d’attente du district de Mondo dans le Kanem

A Mondo, l’une des grandes localités du Kanem avec 66 villages et 10 745 habitants, la situation est loin d’être résolue et les maladies comme la diarrhée, les infections respiratoires, le paludisme et la malnutrition continuent de faire des victimes sous le regard impuissant de la responsable du Centre de santé Marie Modéré. Mais les autorités traditionnelles ne restent pas indifférentes face à cela. Dans l’ensemble, elles déplorent le manque de personnel qualifié.

Mais les partenaires ne baissent pas les ras depuis quelques années

Deux ans après son apparition au Tchad, le Fonds Muskoka s’est intéressé à cette province aux multiples défis, surtout sanitaires. Depuis 2017, il accompagne le gouvernement dans ses efforts qui consistent à réduire la mortalité du couple mère et enfant. Le Fonds appuie 10 structures sanitaires dans le Kanem en termes de matériels de travail, de formation des personnels et bien d’autres. Malgré tout, les défis restent énormes et le calvaire de la population n’est pas pour demain.





tchadinfos

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