Ile Maurice: Belvédère – Salim Bunourah rotinier par amour


Salim Bunourah fait partie des personnes exerçant un métier traditionnel susceptible de disparaître en raison de la production industrielle et qui doit être réinventé. Zoom sur son parcours.

Rotinier. Ce terme pourrait ne rien dire à la jeune génération, habituée aux ameublements fabriqués industriellement. Le rotinier fabrique manuellement des meubles à base de rotin. De nos jours, il n’en reste plus beaucoup comme Salim Bunourah. C’est presque une espèce en voie de disparition. Dès qu’il a commencé à manipuler le rotin, il a été séduit au point de ne plus vouloir s’arrêter. Et cela fait plus de 30 ans que ça dure.

Matière première

Notre interlocuteur confie qu’il a appris ce métier d’un certain Musbalee. Par la suite, il s’est progressivement mis à fabriquer des meubles en rotin. Il a ouvert son petit atelier de rotin à Belvé-dère. Et pour faire tourner son entreprise, il a loué un local sur la route principale de Belvédère afin d’exposer ses produits et ainsi attirer le regard des passants.

Chez Salim Bunourah, la qualité doit impérativement rimer avec créativité. Pour ce faire, il s’approvisionne en rotin importé de Chine. «Je n’avais pas encore compris que la Chine fait face à une crise globale. Avec le coranavirus, je vais devoir stocker davantage de rotin. Et ce n’est pas bon marché.»

Les meubles en rotin sont certes coûteux. Mais derrière chaque meuble se cachent des tresses manuellement avec tout ce que cela coûte comme dextérité et temps. Une Rocking chair, par exemple, peut prendre jusqu’à une semaine pour être fabriquée. Et les prix peuvent varier entre Rs 4 000 à Rs 25 000. Salim Bunourah s’arrête rarement de travailler. Ses produits vont des chaises aux sets de sofa, des tables aux jouets pour enfants, notamment des chevaux en rotin.

Autrefois, le rotin avait la cote. Il y avait un ameublement en rotin fabriqué à la main dans presque toutes les maisons. Toutefois, à partir des années 60, un nouveau style de meuble a fait son entrée sur le marché de l’ameublement et c’était l’éponge, qui peut être recouverte de cuir ou de produits synthétiques.

Les fabricants de meubles en rotin ont tenté de lutter contre cette concurrence en fabriquant de nouveaux modèles, inspirés des tendances à l’étranger. Cela leur a appris qu’il ne suffit pas de fabriquer de jolis meubles. Encore faut-il saisir le goût des clients.



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