Boniface Wendsounri, laveur de motos : « Il n’existe pas de sot métier, il existe une sotte personne »


Au quartier Tampouy de Ouagadougou, le jeune Boniface Wendsounri a aménagé un espace sis côté sud des rails. « Pasteur », comme l’appelle affectueusement son entourage, s’est spécialisé dans le lavage des engins à deux roues et des voitures.

Rien ne prédestinait ce jeune homme à faire du lavage des motos et des voitures, sa principale source de revenus. Mais quand on a foi en Dieu, au point de consacrer la journée du dimanche à la prière, jour le plus sollicité pourtant par la clientèle, l’on dira simplement que « l’homme propose et Dieu dispose ! ».

« Les gens me demandent souvent pourquoi je ne travaille pas les dimanches. Mais c’est le jour du Seigneur, je ne peux pas laisser la prière et venir travailler ! », confie celui que son entourage et sa clientèle ont fini par surnommer « Pasteur ». Laveur de motos depuis quatre ans, Boniface avait pourtant un grand rêve, celui de devenir un « homme de tenue ». Devenir policier, gendarme, garde de sécurité pénitentiaire, agent des Eaux et forêts ou militaire, peu importe le corps. Ce jeune de 25 ans a donc toujours été passionné de la « tenue ».


De vendeur de motos à laveur de motos

Celui qui a abandonné ses études en classe de sixième, avouera : « Je n’étais pas un élève studieux. J’étais plutôt distrait, j’aimais m’amuser et quand j’ai décidé d’arrêter les études, mes parents ne se s’y ont pas opposés ».

Confié à son oncle à Yako (chef-lieu de la province du Passoré, région du Nord), ville qui l’a vu naître, Boniface rejoindra plus tard ses parents à Ouagadougou. Là, il appuie son père dans la vente d’engins à deux roues. Quelques années après, cet aîné d’une famille de six enfants décide de prendre son indépendance en se lançant dans le lavage des motos. « Je me suis d’abord formé auprès d’un jeune homme, pendant six mois, avant de me mettre à mon propre compte », raconte-t-il.


Depuis lors, dit-il, « je ne me plains pas. J’enregistre au moins une recette de 2 000 francs par jour, toutes charges déduites (carburant pour la machine, savon…) ». Il précise que le lavage de la moto s’élève à 250 francs CFA et le voiture à 1 000 francs CFA. Il arrive néanmoins des jours où les motos se font rares au « garage », mais Pasteur reste optimiste. « Il y a des jours où ça va, il y a des jours où ça ne va pas. Tout dépend de Dieu », relativise le jeune entrepreneur. Il est convaincu qu’« il n’existe pas de sot métier, il existe une sotte personne ».


De leur côté, les clients ne tarissent pas d’éloges pour le jeune homme. « Je suis vraiment satisfait de son travail. Il est sérieux dans ce qu’il fait et nous ramène même la moto après l’avoir nettoyée », témoigne Omar Nana, un client. Comme lui, Pascal Yé apprécie positivement le travail du jeune homme : « Il est professionnel. On sent qu’il aime vraiment ce qu’il fait ».


Pour réaliser son rêve de porter « la tenue », Boniface suit parallèlement des études en cours du soir. Il est inscrit en classe de 4e. A défaut, il voudrait mettre en place une quincaillerie.

Nicole Ouédraogo

Lefaso.net





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