Congo-Brazzaville: Littérature – « Ainsi faite, la vie », premier recueil de poèmes de Jean-Pierre Heyko-Lekoba


Publié aux éditions Acoria en début janvier, « Ainsi faite, la vie » a été présenté et dédicacé le 4 février à la librairie Les manguiers. Le livre est une invite aux peuples à se donner la main pour aller de l’avant et construire un lendemain radieux.

C’est au cours d’une cérémonie réunissant à la fois écrivains, hommes et femmes politiques, amoureux de poésie, étudiants, élèves… que l’ouvrage fraîchement publié a fait la rencontre et la connaissance d’un public très hétérogène.

Auteur de deux récits et trois essais, Jean-Pierre Heyko-Lekoba a toujours porté son pays, le Congo, comme toile de fond dans ses œuvres. Dans celles-ci, il n’a de cesse convoquer et plaider pour bâtir sa mémoire d’homme, intimement mêlée à celle de sa patrie. À travers « Ainsi faite, la vie », il poursuit ce même combat, cette fois-ci sur un ton poétique.

On entend souvent dire que « ainsi est faite la vie », car la vie est effectivement faite d’aller et de retour, des instants, des moments, des jours qui passent et des souvenirs qui portent vers l’avenir… L’inversion du titre de cet ouvrage, « Ainsi faite, la vie », oblige le lecteur à s’arrêter et à s’interroger sur ce que veut transmettre l’auteur. Un titre en lien avec les couleurs noir et rouge arborées en couverture. A ce propos, Jean-Pierre Heyko-Lekoba évoque la vie, la mort, l’histoire du Congo, la misère, la mélancolie, les guerres, l’amour de la nation, etc.

Premier recueil de poésie de l’auteur, « Ainsi faite, la vie » se déploie sur cinquante-huit pages et est structuré en deux chapitres contenant une vingtaine de poèmes. Aisé dans ce nouveau genre littéraire et au-delà des passions de l’écriture, l’auteur met les mots à l’épreuve de la poésie pour tenter d’écrire ce qui fonde son identité congolaise.

Dans son analyse, le professeur, écrivain et critique littéraire congolais, Mukala Kadima Nzuji, a félicité l’auteur pour sa première poésie qui, à son avis, n’est pas une poésie descriptive mais plutôt une sorte d’évocation à travers l’œil du vécu ; une poésie servant de prétexte pour dévoiler l’attachement d’un citoyen pour sa terre et partager l’amour d’un patrimoine commun. Non pas en tant que préfacier, mais plutôt amoureux de poésie et lecteur, il a invité le public à se procurer cette œuvre qui, d’après lui, mérite d’être lue. Et d’ajouter, « je suis resté sur ma soif. L’auteur a une belle plume et je souhaiterai davantage le lire sur d’autres thématiques ».

On peut remarquer d’ailleurs que dans ses textes il navigue sur les vagues du scepticisme pour accoster au bord d’une lueur d’espérance, une sorte d’optimisme auquel l’auteur encourage ses lecteurs à adopter. « Depuis, j’use les mots pour tenter d’écrire. Pour tenter de décrire les lieux que j’habite, les lieux qui m’habitent. Pour espérer témoigner de ce qui est, de ce qui n’est pas. J’use les mots tout en étant conscient de ma profonde ignorance, de mes lacunes et de mes faiblesses d’homme », déclare l’auteur.

Une belle plume reconnue également par Gabriel Mwènè Okoundji, postfacier du recueil de poèmes. Dans son intervention, il a évoqué le souvenir qui a conduit à la naissance de cet ouvrage qui, à en croire ses propos, connaissait déjà du succès avant sa publication effective.

En dépit de quelques observations et critiques, « Ainsi faite, la vie » a reçu une note positive auprès du public qui n’a pas hésité, lors de la dédicace, à s’arracher les exemplaires en vente comme des petits pains sur le marché. Une envie, en partie, suscitée par les déclamations poétiques de quelques extraits, faites par le comédien congolais Stan Matingou.

Notons qu’outre sa casquette d’écrivain, Jean-Pierre Heyko Lékoba est un homme politique congolais. Il fut ancien préfet du département du Niari et député de la circonscription d’Etoumbi dans la Cuvette ouest de 2002-2007.



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