le patron du HCR, au chevet des déplacés internes à Kaya et Dori



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Au Burkina Faso, la recrudescence des attaques de groupes armés a aggravé le phénomène du déplacement des populations. Après sa visite dans les camps de déplacés internes, le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filipo Grandi se dit choqué par la situation des populations. Il en appelle à une aide humanitaire.

À Kaya ou à Dori, où il s’est rendu, le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés a été le témoin de l’arrivée de dizaines de familles. « Pratiquement devant nos yeux, les gens affluaient à Kaya, nous raconte t-il. Le manque d’eau est dramatique partout, il n’y a pas de latrines… ». Autre grand défi, ajoute le Haut commissaire, la quête d’abri.

« Mais ce qui m’a beaucoup frappé, ce sont les récits des gens déplacés, poursuit Filipo Grandi. Des histoires d’hommes, de garçons, parfois même d’enfants tués par ces groupes armés… (Des) histoires de femmes violées, beaucoup de femmes violées ! »

Le pays enregistre aujourd’hui plus de 600 000 déplacés internes. Il faut rapidement mobiliser 300 millions de dollars pour venir en aide aux 900 000  personnes en situation d’urgence, c’est-à-dire les déplacés et leurs familles d’accueil dans cinq régions du pays, selon Filippo Grandi.

Le Haut commissaire a également rappelé la situation des 6 500 réfugiés maliens du camp de Mentao, dans la province du Soum. « Nous avons un problème dans le camp de Mentao qui se trouve dans une zone qui en ce moment n’est pas contrôlée par le gouvernement – elle est contrôlée par ces groupes ou est le théâtre de l’action de ces groupes, a reconnu Filipo Grandi. Donc il est très dangereux d’aller apporter (de l’aide) à ces réfugiés ».

Face à la présence militaire sur le terrain, Filippo Grandi souligne que la réponse sécuritaire ne doit pas se transformer en un facteur de pression sur les populations et devenir un problème additionnel.

Pour les déplacés, Kaya est le dernier refuge

Rasmane vient de Nagraogo, l’un des nombreux village martyrs de la province du Sanmatenga.

Le 20 janvier, une colonne de 15 à 20 motos a fait irruption sur le marché et au moins 32 personnes sont assassinées. Rasmane était aux premières loges, il raconte. « On était assis sur le bord de la route qui va à Dablo. C’est une route qu’empruntent souvent les militaires. Ce jour-là, 10 minutes après le passage d’un convoi de l’armée, les terroristes sont arrivés et nous sont tombés dessus. Ils portaient des treillis, on a d’abord cru qu’ils faisaient partie du convoi militaire qui venait de passer. Mais quand on s’est rendus compte que ce n’était pas l’armée, c’était trop tard. Ils n’ont pas dit un mot et ils ont ouvert le feu sur nous. » Rasmane s’en est tiré et a fui à Barsalogho, puis à Kaya, à 45 km au sud, où il est arrivé il y a trois jours. 

Kirsi, la soixantaine, est quant à lui à Kaya depuis deux semaines. Lui aussi a fui son village, Rofénéga, situé à une quarantaine de kilomètres, attaqué par une colonne d’hommes armés à moto. « Quand ils sont arrivés, ils sont entrés dans les cours et ont abattu les hommes qui commençaient à fuir. Ils ne sont pas venus nous menacer auparavant. Mais comme ils ont aussi attaqué les villages alentours, peut être que c’était le tour de notre village. Ils ont tué 16 personnes. Actuellement, le village est vide. »

Pour ces déplacés, Kaya semble être le dernier refuge. Tous se persuadent que la ville, protégée par les forces de défense et de sécurité, ne pourra jamais tomber.

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rfi

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