Capitale verte de l’Europe, Lisbonne entend bannir les voitures du centre-ville



La mairie socialiste de Lisbonne, capitale verte de l’Europe cette année, entend limiter drastiquement la circulation automobile à partir de cet été. Une initiative dans l’ensemble bien accueillie par la presse portugaise.

Depuis quelques jours, le centre-ville de Lisbonne bruisse d’une “authentique révolution” annoncée par plusieurs journaux. Depuis le vendredi 31 janvier exactement, et la présentation par le maire socialiste, Fernando Medina, d’un projet phare : bannir cet été les voitures des quartiers de la Baixa et du Chiado, en plein cœur de la capitale portugaise.

À ce jour, un peu moins de 40 000 y circulent quotidiennement. Leur retrait réduirait de 60 000 tonnes par an les émissions de dioxyde de carbone, selon le maire. Un nouvel engagement écologique pris par Lisbonne, récompensée cette année par le prix de la capitale verte de l’Europe pour sa politique environnementale.

Les commerçants craignent un “Disneyland pour touristes”

Parmi les changements envisagés, et détaillés par le Jornal Económico, plusieurs rues vont être transformées et réservées aux piétons et aux cyclistes. L’emblématique Avenida da Liberdade sera elle aussi partiellement fermée à la circulation automobile.

“La révolution du centre de Lisbonne vue par ceux qui y vivent”, titre en une ce mercredi le Diário de Notícias. Certains commerçants se sentent lésés par ce projet et craignent de voir le centre-ville devenir un “Disneyland pour touristes”. D’autres résidents dénoncent l’inauguration en 2017 du terminal de croisières tout proche, autrement plus pollueur que l’ensemble des véhicules qui transitent par la capitale.

Les éditorialistes, qu’importe leur sensibilité politique, soutiennent, eux, globalement ce projet. Daniel Oliveira, marqué à gauche, le défend dans Expresso :

Une authentique révolution s’annonce dans une zone qui est déjà la mieux desservie de tout le pays par les transports en commun. L’avenir pour lequel se battent nos enfants ne se fera pas sans que la dictature de la voiture ne soit renversée. C’est la voie à suivre.”

João Miguel Tavares, classé à droite, abonde dans ce sens dans Público, et relève que le projet suscite peu de “réactions de colère” :

Les gens se rendent peu à peu compte que c’est exactement comme ça qu’une ville se valorise : en préservant son espace le plus habitable. Les voitures s’éloignent, les rues se rapprochent.”

Vincent Barros





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