La France pionnière de la chirurgie réparatrice du clitoris



À l’occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, El País salue les initiatives menées en France pour aider les victimes à se reconstruire.

“Marie-Claire se souvient parfaitement du jour où on lui a amputé ce qu’elle appelle ‘la féminité’. Un village en Côte d’Ivoire, une porte fermée. Et elle, petite fille de 9 ans un peu perdue, qui se demandait pourquoi toutes les autres pleuraient. La porte s’est ouverte. Trois femmes l’ont poussée au sol et l’ont maintenue immobile, pendant qu’une quatrième a excisé son clitoris avec un couteau – une humiliation foudroyante et insupportable. […] Sans parler du sang, des bandages, de la confusion et de la paralysie.” Interrogée par le quotidien espagnol El País, Kakpotia Marie-Claire Moraldo, aujourd’hui âgée de 36 ans, s’en souvient, mais sur le coup “elle n’a rien compris”.

Elle vit depuis quelques années à Bordeaux, où elle a fondé l’association Les Orchidées rouges pour venir en aide à d’autres femmes qui ont subi une mutilation génitale. La France accueillerait 125 000 victimes d’après les estimations de plusieurs organismes et au moins 200 millions de femmes et de filles subiraient ce type de violences partout dans le monde, d’après l’Unicef.

Une “renaissance”

“Des douleurs chroniques, des complications à l’accouchement et parfois de l’incontinence et des fistules. Les effets de cette mutilation sont souvent terribles”, décrit au journal espagnol Pierre Foldès. L’urologue français est l’inventeur d’une technique chirurgicale réparatrice. Depuis le début des années 1980, il a opéré plus de 6 000 femmes et formé près de 200 confrères à travers le monde. Le praticien a également cofondé le centre Women Safe, à l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye, qui apporte “un soutien sanitaire, social, psychologique et juridique aux survivantes de violences de toutes sortes”.

Pour El País, c’est l’une des preuves que l’Hexagone est un “pionnier dans ce domaine”. D’autant que l’intervention est “prise en charge par le système de santé publique depuis 2004”, un “cas” qui a longtemps été unique en Europe” puisque seule la Belgique a fait le même choix en 2009.

Pour Kakpotia Marie-Claire Moraldo, qui a opté pour une reconstruction du clitoris, comme pour beaucoup d’autres victimes, “il s’agissait d’une renaissance”. Mais comme le dit Pierre Foldès, “la vraie révolution, c’est qu’ici la femme exprime sa douleur et abandonne l’état d’esprit d’une victime. Ce n’est pas moi qui les répare, ce sont elles qui se reconstruisent.”

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Fondé en 1976, six mois après la mort de Franco, “Le Pays” est le journal le plus lu en Espagne. Il appartient au groupe éditorial epagnol Prisa.
Fin 2013, elpais.com a lancé deux nouvelles éditions pour ses lecteurs d’Amérique latine, dotées de

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