l’annulation des mesures en faveur des élèves sinistrés interroge



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Après le passage des violentes pluies de la fin du mois de janvier, le débat sur la pertinence du calendrier scolaire revient sur le devant de la scène. D’autant que le précédent gouvernement avait mis en place des réformes qui n’ont pas été suivies cette année.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Les intempéries ont privé 6 600 enfants d’école d’après le dernier bilan du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes. Pour éviter cette situation, une série de réformes avaient été mises en place sous le précédent régime, notamment des grandes vacances pendant ces deux mois de saison des pluies. Un calendrier qui devait être appliqué pour cette année scolaire mais qui n’a finalement pas vu le jour avec les nouvelles autorités.

Des écoles inondées, détruites ou qui servent de lieu d’hébergement pour les sinistrés. Chaque année entre janvier et février, c’est le même scénario dans de nombreuses régions de la Grande Ile.

« Dans la commune de Mahajamba, trois écoles primaires ont été fermées. Les enfants ont des difficultés à aller en cours en général pendant cette saison, le passage de cette forte pluie a empiré la situation », indique le chef du district de Mahajanga II dans le nord-ouest du pays. « Beaucoup d’écoles ont été inondées. Les enfants ne pouvaient plus venir », renchérit celui du district d’Ambilobe, dans l’extrême nord de l’île.

Les acteurs du milieu s’inquiètent

De nombreux parents d’élèves, professeurs et acteurs de la société civile s’interrogent sur le rétropédalage des autorités concernant la mise en place d’un calendrier qui évitait d’envoyer les enfants à l’école en pleine saison des pluies.

Pour la société civile, il y a urgence et ce d’autant plus que les performances de Madagascar en termes d’éducation sont à la traine. Plus de deux tiers des enfants malgaches ne parviennent pas à finir les cinq années d’école primaire.

« Nous ne pouvons pas attendre encore deux ou trois ans pour trouver une solution. Il faut prendre en compte le contexte du pays et ne pas copier les systèmes européens. Nous espérons un changement avec la nomination de la nouvelle ministre de l’Éducation », indique Hanta Ratiarson, présidente de la plateforme Action scolaire pour les Malgaches adolescents.

Discussions sur le calendrier scolaire

Contactée, une source au sein du ministère de l’Éducation confirme qu’« il y a un fort taux d’absence des élèves au mois de janvier et février. » Mais que « la réforme n’a pas pu être appliquée faute de consensus notamment avec les écoles privées catholiques et certaines associations de parents d’élèves. »

Ces derniers souhaitent garder les vacances pendant la saison sèche, en juillet et en aout, moment où plusieurs coutumes ont lieu comme la circoncision et le retournement des morts. Des discussions concernant le calendrier scolaire ont eu lieu ces dernières semaines dans plusieurs circonscriptions précise cette source et une proposition de modification émanant du ministère de l’Éducation sera soumise sous peu au gouvernement.



rfi

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