Le Portugal vote un budget pour amener ses comptes à l’équilibre fin 2020



Publié le 6 févr. 2020 à 17h24

Excédent budgétaire à la fin de l’année. C’est
l’engagement du gouvernement du socialiste portugais Antonio Costa

, qui a réussi, jeudi, à faire approuver à grand-peine sa Loi de finance 2020 avec l’abstention des petits partis de gauche. Le vote du texte final s’est transformé en un véritable parcours du combattant pour le Premier ministre, qui gouverne sans alliance stable au Parlement 
depuis les élections d’octobre 2019

.

Le ministre des Finances, Mario Centeno, qui prévoit un solde positif de 0,2 % fin 2020, a conservé sa ligne de dépenses contenues et donné 
priorité à l’équilibre budgétaire

. Applaudie à Bruxelles, cette stratégie a été l’objet de nombreuses critiques au Portugal, où la droite reproche au gouvernement son manque d’ambition réformatrice, pendant que la gauche du parti socialiste dénonce une absence dramatique d’investissements qui risque de se retourner contre les services publics.

Rapprochements insolites

C’est précisément pour tenter de convaincre ses anciens alliés, les communistes du PCP et le Bloc de Gauche, que le gouvernement a prévu une dotation de 800 millions d’euros pour moderniser le système de santé. Mais cela n’a pas suffi à vaincre les réticences des petits partis d’extrême gauche qui ont opéré des rapprochements insolites avec l’opposition de droite. « Il s’agit d’une irresponsabilité incroyable, vous voulez empêcher la gouvernabilité du pays », protestait Ana Caterina Mendes, la porte-parole socialiste au Parlement, pendant que l’opposition des deux bords menaçait de couler le budget et votait ensemble une série d’amendements sur l’ancienneté salariale des professeurs d’université, les facilités de paiement pour les très petites entreprises, ou encore le relèvement des bourses et de l’aide aux personnes âgées.

En dépit de ce marathon de négociations chaotiques, la tonalité du budget est restée marquée par la continuité. « Il a l’énorme mérite de présenter un solde positif au lieu d’un déficit chronique », commente Jaime Carvalho Esteves, chez PwC. L’une des nouveautés marquantes du texte est sans doute l’une des mesures qui a suscité le moins de débats. Il s’agit de la suppression de l’exonération de l’impôt sur le revenu pour les retraités étrangers qui viendront s’installer au Portugal.

Fin de l’éden fiscal

C’est la
fin de l’éden fiscal portugais

qui avait été mis en place en 2009, afin d’attirer des capitaux lorsque le pays s’enfonçait dans la crise. Mais elle ne concerne toutefois que les nouveaux arrivants, qui devront désormais s’acquitter d’une taxe de 10 %, alors que ceux qui sont déjà installés conserveront l’avantage d’une exonération complète durant dix ans comme s’y était engagé Lisbonne.

Ce joli cadeau fiscal, qui a attiré quelque 10.000 personnes, dont surtout des Français, des Britanniques et des Italiens, avait provoqué les protestations des pays scandinaves indignés de ce dumping fiscal. Si la mesure a aidé le Portugal en pleine crise à rebondir et à réactiver le marché immobilier, elle a désormais moins de sens, alors que le pays est en plein essor et que
son marché immobilier frôle la surchauffe

. Sous la pression des acheteurs étrangers, précisément.



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