à la frontière avec le Nigeria, les commerçants dans une situation délicate



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Au Bénin, les vendeuses et surtout les cambistes qui exercent à Sèmè-Kraké, principal point de passage vers le Nigeria se retrouvent dans une situation financière difficile depuis la fermeture de la frontière, le 20 août 2019.

Avec notre envoyé spécial à Sèmè-Kraké, Jean-Luc Aplogan

Il est midi et le thermomètre a grimpé à Sèmè-Kraké, à la frontière entre le Nigeria et le Bénin, où il fait chaud. Juste avant la barrière de la police béninoise, des cambistes, protégés par des parasols, sont assis. Ils vendent et achètent des devises à ceux qui convoient ou réceptionnent des marchandises du Nigeria. Plus aucune marchandise ne passe depuis le 20 août et leur activité est donc en berne.

« Frontière fermée, pas de clients »

Ils étaient 250 auparavant. Aujourd’hui, beaucoup ont quitté le secteur et se sont reconvertis, explique leur secrétaire, Élie Houssougoun lui-même à bout de souffle. « Mes affaires ont chuté. Je puise dans mes économies pour survivre », confie-t-il. Ses collègues, à côté, ils ne disent pas autre chose. « Frontière fermée, pas de clients », résume l’un d’entre eux.

Les signaux sont aussi au rouge pour les vendeuses de produits divers, comme Geneviève. Elle quantifie la baisse de ses ventes. « Avant, par jour, on vendait plus de 100 000 [francs CFA, 150 euros] par jour, raconte-t-elle. Maintenant, difficilement, on fait des recettes de 20 000 ou 30 000. Vraiment, c’est dur ».

L’incertitude au quotidien

L’incertitude est devenue leur quotidien à tous. Ils ne croient plus aux fausses annonces de date de réouverture de la frontière. Ils suggèrent que les présidents Muhammadu Buhari et Patrice Talon s’entendent pour les tirer d’affaire.

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rfi

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