au Parlement britannique, le scandale de l’épaule dénudée



La députée Tracy Brabin et son épaule dénudée dans l’hémicycle : c’est le débat vestimentaire qui fait rage au Royaume-Uni depuis le lundi 3 février. Encore un signe, pour cette journaliste du Daily Telegraph, qu’il est grand temps d’en découdre avec les coutumes vestimentaires sexistes qui règnent au Parlement.

“Si on avait dit à Tracy Brabin qu’elle ferait les gros titres cette semaine, elle aurait sans doute cru que c’était pour le sujet très important sur la liberté de la presse qu’elle devait présenter à la Chambre lundi”, fait valoir The Daily Telegraph.

Mais, depuis lundi, le débat qui fait rage en Angleterre concerne… son épaule. La robe noire qu’elle portait, “qui dévoilait un bout d’épaule nue”, a déclenché un tel émoi au Parlement britannique que les gens se l’arrachent depuis sur le site de vente en ligne Asos.

“Elle aurait pu raconter qu’une soucoupe volante avait atterri sur le toit de Westminster, personne ne l’aurait écoutée”, ironise le Telegraph.

Très vite, un internaute a épinglé la députée pour son look sur Twitter, en demandant si cette robe constituait une “tenue adéquate pour le Parlement”. Entre remarques sexistes et noms d’oiseaux, les réponses ne se sont pas fait attendre.

Mais loin de se laisser abattre par la polémique, Tracy Brabin a remis en place ses détracteurs dans un tweet cinglant :

Pour info : je ne suis ni une salope, ni une pute, je ne suis pas en train de cuver, je ne compte pas donner le sein, je n’ai pas non plus trop bu et, non, je ne viens pas de me faire sauter sur une poubelle. Qui aurait pu imaginer qu’un petit bout d’épaule déclencherait une telle hystérie…”

Politique vestimentaire dans l’hémicycle

Comme le souligne le quotidien britannique conservateur, cette altercation a ravivé un débat sur le sexisme des politiques vestimentaires en vigueur à Westminster. S’il n’y a pas de code régissant formellement les tenues dans l’hémicycle, la ligne officielle dicte aux parlementaires de porter “une tenue simple et professionnelle”. Mais qu’il s’agisse de pantalons ou de robes, les tenues des femmes politiques sont toujours un sujet.

“Les hommes ne sont pas à l’abri de critiques sur leurs choix vestimentaires”, reconnaît le Telegraph. L’“anorak miteux” de Jeremy Corbyn, les chemises froissées de Dominic Cummings ou la chaussette à l’envers de Boris Johnson leur ont valu leur lot de commentaires. Mais voilà le problème :

Quand un député à Westminster ne se conforme pas aux codes vestimentaires du costume-cravate, nous cherchons à en savoir plus. Il veut sans doute nous passer un message, ou c’est un anticonformiste, un marginal, un vrai homme du peuple. Alors qu’une femme qui fait la même chose est forcément une traînée.”

“Sexisme ordinaire”

À l’image des critiques que Theresa May avait reçues en 2016 pour un décolleté plongeant, ce bout d’épaule nu a immédiatement été perçu comme une “distraction” pour les députés masculins.

Une réaction ironique, puisqu’elle fait suite à la décision du président de la Chambre des communes britannique cette semaine d’autoriser les députées à allaiter au Parlement. “Il va falloir se préparer à voir un peu plus qu’un bout d’épaule”, remarque le quotidien.

Ces polémiques cristallisent, selon la journaliste, l’hypersexualisation du corps des femmes, qui se déploie même dans l’hémicycle, et peut décourager les futures générations de femmes qui voudraient se lancer en politique.

“C’est un autre exemple de sexisme ordinaire, a déclaré Brabin dans une interview à la BBC, mais pour les politiques, c’est la routine.” “Enfin, pour les femmes”, précise le Telegraph.

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