Cameroun: Adamaoua – L’offensive de charme des candidats se poursuit


Une semaine après le lancement de la campagne, les huit partis en lice multiplient des stratégies pour rallier le maximum des suffrages.

Ce sont huit formations politiques en tout qui se sont lancées à l’assaut des électeurs dans l’Adamaoua depuis le 25 janvier dernier. Au regard des forces en présence, la bataille est d’ores et déjà très enlevée dans la mesure où les différents protagonistes se font rarement de cadeau en pareille situation. Que ce soit aux élections municipales avec le RDPC, l’UNDP, le FSNC, le PRCN, l’UNIVERS, le SDF, le FPD et le RCPU) ou aux législatives avec cinq formations politiques en compétition (RDPC, UNDP, PRCN, RCPU, UNIVERS).

S’agissant plus précisément des communes, 597 postes de conseillers sont à conquérir sur l’ensemble des 21 communes réparties sur cinq départements. Pour les législatives, 10 sièges sont à pourvoir dans les 5 circonscriptions de la région, soit 1 pour le Djerem, 1 pour le Faro et Déo, 2 pour le Mayo Banyo, 3 pour le Mbéré et 3 pour la Vina. Un tel tableau de chasse aiguise évidemment des appétits. Jusqu’ici, une vingtaine de meetings ont été organisés de Ngaoundéré à Nyambaka, de Mbé à Kontcha en passant par Bankim, Nganha, Bélel, Martap, Dir ou Tibati. A pied, à moto ou par voiture, les états-majors, les candidats ou leurs représentants sillonnent la région dans tous les sens.

Objectif : aller à la rencontre des populations pour véhiculer les messages susceptibles de les convaincre en vue d’opérer le bon choix. Le signe le plus visible de cette mobilisation tous azimuts autour des candidats aux divers postes électifs c’est la succession des caravanes motorisées lancées à la conquête des électeurs. Si en principe tous les partis en lice ont les mêmes chances sur la ligne de départ, l’équation n’est pas aussi simple qu’il parait. Au-delà des démonstrations tapageuses notées ici et là, la différence pourrait se faire au niveau de l’ancrage territorial et de la capacité des candidats à mobiliser leurs inconditionnels le jour dit. « Entre les bruits de la rue et le silence des urnes, il peut se passer beaucoup de choses », note avec un brin d’humour un observateur des joutes locales.

A mi- campagne, les enjeux du double scrutin n’échappent à personne. Chaque formation politique en lice et ses candidats savent désormais à quoi s’en tenir. Le RDPC qui a vu contester à certains endroits son hégémonie dans la région conserve néanmoins des sérieux atouts. On se rappelle que le parti au pouvoir avait remporté 9 des 10 sièges de députés dans l’Adamaoua lors des législatives de 2013 ainsi que bon nombre d’exécutifs communaux.

Face une concurrence de plus en plus rude, personne n’a intérêt à dormir sur ses lauriers. Surtout que l’UNDP tient encore des communes comme Tibati, Ngaoundal, Galim-Tignere, Tignère, Ngaoundéré 1er et Ngaoundéré 2è. Qui plus est, l’unique siège de député de la Vina-centre occupé depuis trois mandatures par Ali Bachir du RDPC est très convoité par Abba Alim, un opérateur économique qui postule sous les couleurs de l’UNDP.

Ce dernier parti qui avait jusqu’ici 157 conseillers municipaux sur 597 dans toute la région estime avoir la capacité d’étendre son emprise sur tous les trois arrondissements du chef-lieu de région, voire au-delà. Nettement en retrait, d’autres formations politiques à l’instar du SDF (5 conseillers municipaux lors du précédent scrutin), d’Univers (2), du FPD (1) du FSNC ou du PRCN espèrent faire mieux cette fois-ci. Mais vouloir n’est pas pouvoir. On s’attend à une accélération de la campagne dans les prochains jours. Les différents candidats vont jeter leurs dernières forces dans la bataille pour aborder la dernière ligne droite dans des conditions idéales. Il leur reste encore 5 jours pour convaincre les indécis.



allafrica

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