Cameroun: Jeannette Mogoun – « Les thèmes majeurs de mes spectacles sont axés sur la conditions des femmes »


Née le 15 septembre 1974 à Bandjoun au Cameroun, Jeannette Mogoun est la fondatrice de la Compagnie Les Racines, une association artistique et culturelle qui défend les droits des femmes à travers le théâtre et le cinéma. Elle nous parle de sa carrière dans les arts de scène et de ses projets.

Les Dépêches du Bassin du Congo : Jeannette Mogoun, parlez-nous un peu de votre parcours dans les arts de scène ?

Jeannette Mogoun: C’est en 2004 que je noue mon intimité avec le septième art à la Maison des Jeunes et de la Culture de Douala, sous la direction du metteur en scène Eric Delphin Kouegoue. Je me fait tout de suite remarquer par mes qualités de comédienne et par ma présence scénique. Ce qui me vaut la participation en 2007 à l’atelier sur la biomécanique et biorythmique animé par le metteur en scène Martin Ambara.

Ces formations, liées à mon gout très prononcé pour la découverte de techniques innovantes dans l’art du jeu théâtral autant cinématographique, m’ont ouvert les portes de ma carrière professionnelle. En 2012, afin d’être maîtresse de mes créations théâtrales, j’ai créé ma propre Compagnie «Les Racines ». S’ensuit toute une série de créations théâtrales destinées d’une part au jeune public et d’autre part à un public adulte. La scène est l’endroit où je me sens le plus libre car lorsqu’elle t’a adopté, tu es sûr qu’elle ne te lâchera pas. Les thèmes majeurs de mes spectacles sont axés sur la conditions des femmes.

L.D.B.C. : Quels sont vos plus beaux souvenirs dans votre carrière d’artiste?

J.M.: En 2013, j’ai joué le spectacle « Épilogue d’une trottoire » d’Alain Kamal Martial dans le cadre des Rencontres Internationales de Théâtre Monodrame (RITM) au Bénin. « Épilogue d’une trottoire », c’est la femme qui arpente l’asphalte « face à un client qui lui demande un sexe qui ne soit ni celui de l’homme, ni celui de la femme ». Elle prend la parole et occupe la scène au nom de toutes les femmes opprimées, abusées et qui subissent des violences partout dans le monde. J’ai donné une représentation de cette pièce dans une salle remplie d’adolescents. J’étais étonnée et très agréablement surprise de la réaction de ces jeunes spectateurs devant ce spectacle qui aborde le thème de la violence faite aux femmes au travers de la sexualité. Les questions posées et l’intérêt par rapport à ce thème difficile à aborder m’ont montré l’importance et l’impact du spectacle vivant sur la jeune génération. Ces moments partagés avec ces jeunes spectateurs, comme un déclic, restent un de mes plus beaux souvenirs de ma carrière d’artiste.

L.D.B.C: Quel est le contenu de votre agenda pour cette année 2020 ?

J.M.: J’ai été invitée par Sandrine Grataloup et Luc Tartar, directeur des Scènes Appartagées pour participer à la journée de transmission et à l’assemblée générale de cette association à la Maison du Geste et de l’Image à Paris. L’association les Scènes Appartagées est une structure qui a pour but de vulgariser le théâtre en famille en utilisant des textes de dramaturges contemporains. D’autres rencontres sous l’égide de l’association Scènes d’enfance, ASSITEJ France, sont prévues avec des professionnels africains et français du spectacle vivant dans plusieurs pays d’Afrique. À partir du 7 février, je commence un stage de formation de théâtre d’ombre avec la Compagnie Hekau. Je profite aussi de ce séjour pour enrichir un chantier qui m’est très cher, celui de l’organisation de la troisième Edition des écritures théâtrales jeunesse qui se tiendra le 1er juin 2020 à Douala.



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