Congo-Brazzaville: Commerce – Vers la fin des marchés de fortune, dits « Koweït » ?


En vogue au sortir des événements tristes que le pays a connus, les marchés Koweït s’émiettent peu à peu même si quelques boulevards de transactions sont encore visibles malgré le déguerpissement de la police.

On les retrouve aux alentours des grandes artères et des grands marchés reconnus de la ville capitale. On y trouve des articles de tout genre, récupérés ou achetés à des prix très bas dans les marchés noirs puis revendus à des prix abordables. Cependant, cette activité qui constituait autrefois un gagne-pain pour certains Congolais et sujets étrangers tant à disparaître.

Il suffit de sillonner les avenues pour constater que la quasi-totalité de ces espaces est entièrement vide. Les vendeurs et vendeuses de ces produits manufacturés sont souvent déguerpis par les agents de l’ordre. Ces derniers qualifient ces marchés de véritables espaces d’échange de drogue et des objets volés dont les propriétaires veulent s’épargner les différentes taxes et tracasseries de police. Ce qui traduit la triste réalité économique et sociale de notre pays.

Situé sur l’avenue Miadeka, vers le grand marché de Ouenzé dans le cinquième arrondissement, le petit marché de Koweït qui existe depuis la guerre civile de 1997 est un endroit où s’écoulent diverses marchandises telles des appareils électroménagers, des pagnes déjà utilisés, des bijoux, des ustensiles de cuisine, de la quincaillerie … Mais, face à cette situation, la vente des produits se fait actuellement d’une manière timide et suscite la réaction des commerçants. « C’est très pénible. Pour se soustraire de la police, nous sommes obligés de venir vers 5 h du matin écouler nos produits auprès de nos clients qui sont déjà avertis de la situation », a révélé une vendeuse originaire de la RDC. « Nous sommes des pères et mères de familles, nous exerçons cette activité pour subvenir aux besoins les plus immédiats mais les forces de l’ordre sont parfois derrière nous, si bien que nos affaires se font par des appels téléphoniques. Avec la conjoncture actuelle, nous ne pouvons que coopérer de cette façon », s’est indigné Franck Moukouyou.

C’est également par un langage codé au coin des ruelles que quelques vendeurs détectent leurs clients afin de liquider aussi rapidement leurs marchandises. Le cas de Hervé que nous avons rencontré au marché Total, plus précisément sur l’avenue Matsoua à Bacongo, 2e arrondissement de Brazzaville : « Je n’ai pas besoin de sortir toute ma marchandise dans la rue et la revendre. Ce sera difficile pour moi de la récupérer si la police me surprend. Mes clients viennent très souvent à la maison pour passer un marché. C’est une méthode que j’applique depuis quelque temps pour éviter les ennuis.» Ces activités peuvent aussi être des réservoirs de vente illicite de drogue comme le pensent certains. Comme la police interdit officiellement la vente ambulante du café, elle doit aussi mettre fin, selon certains citoyens, aux marchés parallèles.



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