Congo-Brazzaville: Littérature – « L’Âme blessée d’un éléphant » de Gabriel Mwènè Okoundji parmi les dix meilleurs ouvrages de la littérature africaine en 2019


Le poète a vu son anthologie poétique, « l’Âme blessée d’un éléphant noir », publiée aux éditions Pretextos en Espagne, être sélectionnée parmi les dix meilleurs livres de l’année 2019 par le journal espagnol El Païs. Les Dépêches du Bassin du Congo (L.D.B.C) l’ont rencontré pour en parler.

Les Dépêches du Bassin du Congo : Votre anthologie poétique traduite en espagnol par la prestigieuse maison d’édition Pretextos a été retenu parmi les dix meilleurs livres de l’année 2019 par le journal El Païs. Pouvez-vous nous en parler ?

Gabriel Mwènè Okoundji : Cette anthologie est avant tout l’œuvre de mon traducteur argentin Leandro Calle qui vit en Argentine. Nous nous sommes rencontrés au Canada, et ce monsieur qui est un ancien prêtre jésuite est un passionné de la littérature, il est lui-même poète. Au cours de nos lectures réciproques, Leandro Calle qui a déjà traduit plusieurs poètes majeurs s’est passionné pour ma poésie, l’a traduite et deux ouvrages ont paru dans son pays aux éditions Babel. Lors d’une rencontre de Leandro avec Manuel Borrass, directeur de la Grande maison d’édition Pretextos, monsieur Borras lui a fait la demande de traduire un de mes ouvrages, l’Âme blessée d’un éléphant noir. Chemin faisant, ce travail s’est mué en une gigantesque entreprise qui a donné cette anthologie. Les éditeurs constatant qu’aucun poète africain n’est dans le catalogue de la collection La Croix du sud ont décidé d’ouvrir le champ par cette anthologie. Une collection vraiment noble. Cet ouvrage a connu de suite un grand succès, toutefois à l’échelle de la poésie. Du moins, il a fait date. Et ce n’est pas un hasard si le journal El Païs l’a recensé parmi les dix meilleurs ouvrages de la littérature africaine en 2019.

L.D.B.C : Etait-ce pour vous une surprise ?

G. M. O : Oui. C’était pour moi une grande surprise. Je suis un homme qui doute souvent. Mais douter, c’est faire un pas. J’ai certes reçu des prix et des hommages. Cette même année 2019 a paru en Italie la traduction de l’Âme blessée d’un éléphant noir. Mais cela ne fait pas de moi un homme extraordinaire. Je l’ai toujours dit, je reste un apprenti poète. Quand on reçoit un prix, c’est toujours une surprise. Tout écrivain publié dans cette collection acquiert une dimension de respect, de noblesse.

L.D.B.C : Quels sont les thèmes qui reviennent souvent dans vos publications ?

G. M. O : Ecrire pour écrire, je pense que tout le monde est capable de le faire. Qu’est-ce qu’il fallait écrire donc ? Pour moi, tous les chemins que nous parcourons sont les chemins déjà empruntés par d’autres. Et quand on emprunte ce chemin, il faut essayer de lui donner une singularité. Et celle que je devais apporter dans la poésie où il y a eu de grands poètes, à commencer par ceux du Congo Tati Loutard, Tchicaya U tam’si, Jean Blaise Bilongo Samba et autres. Les poètes français. N’en parlons pas. C’est là que j’ai puisé ma source puisque j’étais en France lorsque j’ai affermi mon écriture. En France, on lit Aimé Césaire, Alfred de Musset… ils sont tellement nombreux mais on se dit qu’on a encore à écrire. Je me suis donc ressouvenu de qui je suis : Un Congolais né sur la terre téké. Un pont de la terre congolaise pouvait apporter au reste du monde. Beaucoup de mes textes marquent la célébration des éléments de l’écriture congolaise.

L.D.B.C : Est-ce qu’on peut dire que les jeunes sont aujourd’hui intéressés à la poésie ?

G. M. O : Je pense qu’en termes d’écrivains sur la place de Brazzaville, aucun ne peut dire que je lui ai tourné le dos. J’ai préfacé pas mal d’ouvrages des écrivains de Brazzaville. J’arrive sur la place de Pointe-Noire, il y a trois ans (… ) j’ai dit à ceux que j’ai rencontrés d’écrire, et pour lesquels je me suis donné la mission de trouver un éditeur. Ainsi est l’Anthologie des écrivains de Pointe-Noire. Il en résulte que celui qui a reçu doit apprendre à donner. Je crois que la littérature congolaise pourra s’imposer dans le monde si l’on soutient tous ces jeunes-là. Moi j’ai donc à cœur de soutenir les créations des jeunes écrivains. Je ne peux pas leur fermer ma porte bien que j’aie beaucoup d’occupations.

L.D.B.C : Avez-vous déjà reçu une aide du Congo ?

G. M. O : Non. Je n’ai jamais bénéficié d’aucune aide du Congo. En France, j’ai bénéficié de quelques bourses d’écriture. Dans ma ville Bordeaux, je fais partie des écrivains qui sont aidés d’une manière ou d’une autre. Mon arrivée dans mon pays et toutes ces célébrations en mon honneur sont à l’initiative de l’Institut français du Congo.



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