En Irlande, un paria politique joue les trouble-fêtes



Parti historiquement lié à l’Armée républicaine irlandaise provisoire, le Sinn Féin est en tête des sondages à la veille des législatives du 8 février. En pointe sur les questions de logement et de santé, la formation politique proréunification a su s’imposer à gauche. Mais sa fréquentabilité pose question.

C’est l’histoire d’un paria politique aux portes du pouvoir. Ou presque. À l’approche des élections législatives irlandaises, prévues samedi 8 février, le Sinn Féin réalise une percée sans précédent dans les intentions de vote.

Le parti “a bondi à la première place dans les sondages : un quart des citoyens susceptibles de voter affirment désormais qu’ils le plébisciteront”, constate The Irish Times. Avec 25 % des intentions de vote, le parti devance les formations centristes Fianna Fáil (23 %) et Fine Gael (20 %), qui se partagent le pouvoir depuis un siècle.

À la veille du scrutin, la formation classée à gauche “a une vraie chance d’entrer au gouvernement, ce qui serait une première dans l’histoire de la République, poursuit le site Politico. Le problème, note le site basé à Bruxelles, c’est que “les négociations en vue de former une coalition s’annoncent difficiles si le parti confirme les prévisions dans les urnes. “Le Sinn Féin est un allié impopulaire, car personne n’a oublié qu’il était le bras politique de l’Armée républicaine irlandaise provisoire”, groupe paramilitaire actif pendant les Troubles, conflit opposant catholiques irlandais et protestants britanniques en Irlande du Nord entre 1969 et 1998.

Antiaustérité et proavortement

Car c’est la particularité du Sinn Féin, dont le nom se traduit en français par “nous-mêmes” : il est présent aussi bien en Irlande du Nord – où le parti dirige l’exécutif local avec une formation pro-Londres, le DUP – qu’en République d’Irlande. À Dublin comme à Belfast, le message est le même : 

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