Gestion des finances publiques – Adama Coulibaly propose des instruments de financement innovants pour couvrir les besoins des États africains



Le 8e forum africain sur la gestion des Finances publiques, organisé conjointement par le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne (UE), en collaboration avec le ministère ivoirien de l’Economie et des Finances, s’est ouvert ce jeudi 6 février 2020 à Abidjan, hôtel Ivoire, avec un focus sur les défis budgétaires à relever pour atteindre les Objectifs du développement durable (ODD) à moyen et long terme. A l’entame des travaux, le ministre de l’Economie et des Finances, Adama Coulibaly, qui avait à ses côtés le ministre chargé du Budget et du Portefeuille de l’Etat, Moussa Sanogo, a indiqué que les besoins de financement du développement du continent restaient importants et que l’aide publique ne saurait à elle seule suffire pour les satisfaire. En effet, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) estime le coût du financement des ODD entre 5 000 et 7 000 milliards de dollars dont environ 3 000 milliards de dollars, pour les seuls pays en développement. Quand pour la région Afrique, la Banque Africaine de Développement (BAD) situe entre 130 et 170 milliards de dollars par an le besoin de financement annuel dans le seul domaine des infrastructures, avec un gap de financement de l’ordre de 68 à 108 milliards par an. Alors que le montant de l’Aide Publique au Développement, qui constitue l’un des principaux outils de financement du développement en Afrique, souligne l’OCDE, se situe à environ 153 milliards de dollars en 2018.

Mettre l’accent sur la mobilisation des ressources domestiques

Adama Coulibly révèle que cinq ans après l’adoption des ODD, l’espoir suscité se heurte à un défi majeur. Il s’agit de la mobilisation des financements nécessaires pour mettre en œuvre les politiques de développement à moyen et long terme élaborés par les Etats, avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Pourtant ces objectifs de développement, combinés avec l’accord de Paris sur le climat, constituent pour les Etats africains une feuille de route consensuelle pour éradiquer la pauvreté et promouvoir la prospérité mondiale tout en protégeant la planète.

Afin de relever ce défi, le ministre propose la mise en place de financements innovants, notamment les financements mixtes, de type blend, ainsi que les financements sous la forme de partenariats public-privé (PPP). « Nous devons mobiliser à la fois les financements privés et davantage le financement public, plus précisément les ressources domestiques, pour atteindre le seuil critique de couverture des besoins en suspens », a ajouté le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances.

Utiliser la fiscalité pour mobiliser davantage de ressources budgétaires

Son avis est partagé par le chef de la délégation de l’Union européenne en Côte d’Ivoire, l’ambassadeur Jobst Von Kirchman, qui pense que les Etats doivent développer leur fiscalité, qui est la première source de mobilisation des recettes pour un Etat. Mieux, elle réduit l’exposition à l’endettement et fournit à l’Etat des ressources pour investir dans les secteurs qui n’intéressent pas forcement le secteur privé : les routes, l’école, la santé, etc. « Au-delà des moyens traditionnels mis en œuvre, la fiscalité pourrait être l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre la pauvreté et réaliser de grands objectifs, notamment les ODD », a expliqué le diplomate européen. Mais il prévient qu’une fiscalité mal calibrée peut aussi détruire l’économie, être un frein à l’investissement privé national ou étranger et détruire la confiance que les citoyens ont en l’Etat.

Les débats promettent, et la directrice adjointe du département Afrique, Annalisa Fedelino, qui prend part aux travaux, a dit espérer que les travaux du forum qui prend fin ce vendredi permettront de faire un grand pas sur la question de l’efficacité de la gestion des finances publiques en Afrique.

Emmanuel Akani



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