Cameroun: Les enjeux des législatives


Le Cameroun va connaître ce dimanche ses premières élections législatives et municipales en sept ans. Les partis politiques, la plupart de l’opposition, seront en lice pour 180 sièges de députés.

La campagne électorale en vue des élections législatives et municipales du 9 février prend fin ce vendredi (07.02.20). Les Camerounais iront aux urnes pour élire 360 conseils municipaux et 180 députés.

Elus en 2013, les députés et les conseillers municipaux devaient achever leur mandat en 2018 mais celui-ci a été prorogé à deux reprises.

Le RDPC ultra favori

Le parti de la majorité présidentielle, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le RDPC, est le grand favori de ces élections.

Présents dans toutes les circonscriptions électorales, les candidats du RDPC n’auront pas de concurrents dans de nombreuses localités du pays selon Stéphane Akoa, politologue et chercheur à la Fondation Paul Ango Ela.

« L’opposition ne sera pas présente dans 17 circonscriptions. Et ces 17 circonscriptions représentent 35 députés. Donc il y a déjà 35 sièges que le RDPC a gagné puisqu’il y a 35 députés qui seront du RDPC en n’ayant pas eu d’opposition dans leurs circonscriptions.

« 

Stéphane Akoa estime donc que les 180 sièges de députés à pourvoir seront majoritairement occupés par des députés du RDPC.

Mais concernant les sièges que le RDPC ne gagnera pas, la question est de savoir combien seront remportés par le Social democratic front et les petits partis qui n’existaient pas lors de la dernière élection législative.

Stéphane Akoa n’écarte pas la possibilité de certaines surprises. Il explique eu « malgré les apparences d’un système verrouillé ou d’hégémonie d’un parti, il y a des failles qui peuvent laisser passer des choses surprenantes. Etant donné les conditions dans lesquelles ont été désignées les candidats du RDPC, s’il y a des mécontents certains iront jusqu’à voter contre leur parti. Et peut-être cela va-t-il jouer contre le RDPC ».

Le boycott du principal opposant

Le grand absent des législatives sera le Mouvement pour la renaissance du Cameroun du principal opposant, Maurice Kamto.

Ce parti a décidé de boycotter les élections, en partie à cause de la violence dans les régions anglophones du pays.

Mais pour le journaliste et analyste Louis Magloire Keumayou, c’est un choix lourd de conséquences.

Parce que dit-il « non seulement l’opposition a perdu la présidentielle mais là elle ne va pas participer aux législatives et encore moins aux municipales et vu que les régionales qui seront organisés pour la première fois seront faites sur la base des législatives et des municipales, c’est une période de traversée du désert qui s’ouvre devant l’opposition ».

Même si le gouvernement affirme avoir mis sur pied un dispositif sécuritaire pour contenir les milices et les bandes armées dans les deux régions anglophones du pays, il y a toujours des craintes d’assister à des violences dimanche, le jour du scrutin.



allafrica

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