Congo-Brazzaville: Littérature – « Le diagnostic du monde », septième ouvrage d’Yvon Wilfrid Lewa-Let Mandah


Parue aux Editions +, la pièce de théâtre « Le diagnostic du monde » brosse le tableau apocalyptique d’un monde en perdition. Dans cet entretien qu’il a accordé aux Dépêches de Brazzaville, l’auteur parle de son œuvre qui amene le monde à plus d’humanisme. L’ouvrage a été préfacé par Pierre Tsemou, écrivain et critique littéraire.

Les Dépêches de Brazzavile : Yvon Wilfrid Lewa-Let Mandah, «Le diagnostic du monde», vaste programme pour une pièce de théâtre, ce n’est pas osé de votre part ?

YWLM :Voyez -vous, le monde s’effondre. Tout va dessus-dessous. Le monde est en putréfaction. À travers mes différents périples que j’effectue de par le monde, je réalise qu’il y a des problèmes dans ce monde. Le monde souffre d’une cécité morale. Les voleurs, les violeurs, les brigands sont couronnés de distinctions alors que les méritants sont relégués au second plan, sinon au dernier plan. Tout va mal, il n’y a qu’à suivre les médias pour s’en rendre compte qu’il y a tant de catastrophes, de calamités, d’atrocités, d’actes immoraux partout : Tsunami, épidémies de coronavirus et d’ébola, séismes, tremblements de terre, grèves, guerres, conflits, misère, inondations, injustice, sadisme, corruption, mensonge, etc. Aucun pays n’est épargné dans ce tableau noir. Voilà pourquoi j’ai fait ce diagnostic accablant. J’interpelle donc le monde à une prise de conscience.

LDB : Au-delà de ce tableau peu reluisant, que peut-on retenir de cette pièce de théâtre ?

YWLM : Dans cette pièce de théâtre, le personnage principal est Homo Sapiens qui débarque de Nament , une planète lointaine pas encore connue des scientifiques parce que fruit de l’imaginaire littéraire de l’auteur. Homo Sapiens a la mission d’explorer la terre. De son constat, il s’avère que celle-ci est en état de putréfaction. Que faire alors ?

LDB : Que suggérez-vous donc comme thérapie pour guérir le monde malade?

YWLM : En médecine, on dit que lorsqu’une maladie est bien diagnostiquée, c’est déjà une voie vers la guérison. Ainsi, au-delà du diagnostic, je propose une thérapie mais la vraie thérapie est celle que font le lecteur et le public en suivant la représentation théâtrale. Il se reconnaît comme bourreau et victime dans cette pièce. À travers la lecture, il y a un déclic qui va être proposé dans la tête du lecteur et aussi du spectateur. En son temps, Molière disait la comédie corrige les mœurs en riant. Nous n’en voulons pour exemple les pièces comme l’Avare, Le malade imaginaire, Le bourgeois gentilhomme, Médecin malgré lui. On s’identifie au personnage qui est dans la pièce en se demandant si ce personnage n’est pas moi. De cet examen de conscience, on tente de dénoncer les antivaleurs, les vices et de faire son auto-critique pour parvenir à un monde meilleur.

LDB : Pour conclure ?

YWLM : J’invite les lecteurs à se procurer le livre, à le partager et à discuter des différents thèmes et problématiques qu’il pose. Cela va nous pousser à bâtir un nouveau monde, une nouvelle cité, plus égalitaire, juste et idéal où il fait bon vivre. Cette cité, c’est Nament.



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