Congo-Brazzaville: Yango II – Trois jours d’ateliers posent les jalons de la biennale de 2021


Très édifiant, le discours inaugural de l’illustre philosophe camerounais Achille Mbembe, à l’occasion des rencontres tenues du 4 au 6 février à Kinshasa, a livré les prémices de la seconde édition à venir du grand événement artistique initié en 2014 par feu Kiripi Katembo.

Pensée comme un processus, la biennale Yango II, qui se tiendra en janvier – février 2021, se construit autour des rencontres préliminaires dont les trois premiers ateliers ont posé les jalons. « L’enjeu de cette première étape, c’est de commencer à mettre à l’épreuve les idées, les intuitions que nous avons pour élaborer les concepts de la Biennale. Nous voulons le réaliser avec les artistes, les chercheurs de Kinshasa ainsi que les habitants de la ville qui s’intéressent à ce que nous faisons », a soutenu Yala Kisukidi.

Co-commissaire de Yango II avec l’historienne de l’art cubaine Sara Alonso Gomez, la philosophe d’origine congolaise, enseignante à l’Université Paris 8, a souligné l’importance des thèmes débattus à cette phase initiale portée par des vœux légitimes. Ils se sont inscrits dans le prolongement du discours d’ouverture d’Achille Mbembe soutenu en toile de fond par la pensée de « Réenchanter l’Afrique ».

« Ce que nous voulons, c’est trouver comment réenchanter l’art, comment réenchanter les idées avec lesquelles nous portons notre amour de l’imagination et comment réenchanter non seulement la ville de Kinshasa mais aussi l’ensemble de la République démocratique du Congo », a expliqué Yala Kisukidi au Courrier de Kinshasa.

Partant de leur volonté de réaliser une construction intelligente collective visant à décloisonner l’art, les participants aux premiers ateliers de Yango II, chercheurs et artistes de diverses disciplines réunies : cinéma, dessin, arts plastiques, photographie, et musique notamment ainsi que les opérateurs culturels en ont décortiqué les thématiques.

Plusieurs préoccupations se sont imposées à eux en considération des graphies « Cartes, Images et Métamorphoses » de la capitale pour la bonne tenue de cet événement de taille. Ainsi plusieurs pistes de réflexion ont été explorées autour des grands sujets, à savoir « Métamorphoses 1 : Kinshasa, cartographier les imaginaires », abordé le 4 février au Mont des arts ; « Métamorphoses 2 : Songer/Sonder les formes » abordé le 5 février à l’Université pédagogique nationale et « Métamorphoses 3 : Images espiègles / regards troublés », le 6 février à l’Académie des beaux-arts».

Quid des politiques culturelles ?

Quant à la table ronde de clôture des ateliers, réalisée au terme de la restitution des derniers travaux, avait aussi toute sa pertinence. En effet, choisir de discuter sur les « Politiques culturelles en RDC » était judicieux. Les opérateurs culturels réunis dans ce panel, en l’occurrence Damien Pwono (Le Mont des Arts), Paul le Perc (Festival Kinshasa Jazz), Petna Ndaliko (Yole ! Africa), Eddy Ekete (Ndaku ya La vie est belle/ Kinact) et le directeur général de l’Académie des beaux-arts, Henri Kalama ont tenu un discours unanime. Ils ont émis un plaidoyer pour une action effective des politiques, leur engagement pour les artistes.

En définitive, la Biennale, a martelé Yala Kisukidi, doit être perçue dans l’acceptation que lui confère le mot Yango, c’est ça !, en français, tel que ressenti par les artistes. « Yango est devenu notre signe de ralliement pour manifester nos accords et tous ses moments où nous avons l’impression d’énoncer des paroles fortes », a-t-elle déclaré.



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