Au Kazakhstan, un conflit ordinaire dégénère en affrontements interethniques



Deux banals accidents de la route ont dégénéré en affrontements massifs à caractère ethnique. Pour normaliser la situation entre Kazakhs et Dounganes, le gouvernement a été contraint d’envoyer l’armée.

Dix morts, 150 blessés, entre 6 000 et 12 000 personnes déplacées, plusieurs dizaines d’habitations, magasins et voitures brûlés et saccagés – tel est le lourd bilan des violents heurts interethniques qui se sont produits les 7 et 8 février dans le village de Masantchi, entre les Kazakhs et les Dounganes. Dans cette bourgade située dans la région de Jambyl, à la frontière entre le Kazakhstan et le Kirghizistan, 95 % des 18 000 habitants sont des Dounganes (voir ci-dessous).

Provoqués apparemment par deux banals accidents de la route, le 5 et le 7 février, les troubles ont d’abord impliqué quelques dizaines de personnes, puis plus de 3 000, armées de bâtons, de pierres et d’armes à feu, rameutées par la diffusion sur les réseaux sociaux d’appels violents. Certaines têtes brûlées appelaient même à marcher vers Zaria Vostoka, un quartier de la capitale culturelle du Kazakhstan, Almaty, habité par les Dounganes, pour en découdre avec eux.

Les Dounganes sont une ethnie musulmane d’origine chinoise, venue s’installer au XIXe siècle dans l’Empire russe (dont le Kazakhstan actuel faisait partie) pour fuir les persécutions de Pékin. Cinquante mille Dounganes habitent au Kazakhstan et 60 000 au Kirghizistan voisin, où les rescapés des heurts s’abritent depuis quatre jours. Ils sont réputés être de

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Alda Engoian





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