Brexit : le Royaume-uni veut créer une dizaine de ports francs



Publié le 11 févr. 2020 à 7h00

C’était une promesse de campagne de Boris Johnson et une mesure attendue de longue date par plusieurs ports britanniques pour les aider à surmonter les potentielles difficultés de l’après-Brexit. Le gouvernement britannique a annoncé ce week-end qu’il souhaitait créer jusqu’à dix ports francs outre-Manche d’ici à la fin 2021.

Exemptions multiples

Ces zones, qui pourront se situer en bord de mer ou à l’intérieur des terres, ne supporteront pas de droits de douane sur les importations de marchandises tant que ces dernières ne les auront pas quittées pour entrer sur le marché domestique. Elles n’en supporteront donc pas du tout quand les produits seront réexportés.

Les matières premières importées pour être incorporées sur place à des produits finis ne supporteront pas de droits non plus – seuls les produits finis seront taxés. Les entreprises installées dans ces ports francs seront exemptées de déclarations douanières complètes sur leurs imports. Le gouvernement envisage, par ailleurs, d’intervenir pour y réduire les coûts d’embauche.

Agilité retrouvée

Une consultation publique s’ouvre pour dix semaines, à l’issue de laquelle les villes qui souhaitent bénéficier de ce statut pourront concourir pour l’obtenir. Parmi les ports intéressés pourraient figurer Teesport, Bristol, Grimsby, Hull, Liverpool ou encore Belfast. A Grimsby, notamment, où la population a voté pour le Brexit à 70 %, les grosses entreprises de transformation des produits de la mer 
demandent depuis plusieurs années un tel statut

pour éviter les frottements douaniers défavorables à leur activité. Les villes retenues devraient être annoncées à la fin de l’année.

Alors que la création de tels ports francs était possible mais encadrée à l’intérieur de l’Union européenne, Boris Johnson compte sur cette mesure pour montrer l’agilité retrouvée du Royaume-Uni sur le terrain commercial dans l’ère post-Brexit. Il espère grâce à elle créer « des milliers d’emplois ».

Evasion fiscale ?

Certains redoutent néanmoins qu’elle incite les entreprises britanniques à se réorganiser géographiquement pour en bénéficier, sans réellement parvenir à attirer davantage d’investissements étrangers. L’idée a aussi été critiquée comme une porte ouverte aux mécanismes d’évasion fiscale. L’an dernier, la Commission européenne a jugé que les ports francs étaient vulnérables aux dispositifs de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme.

Votre journal de référence pour bien démarrer 2020

Depuis plus de 110 ans, la rédaction des Echos a développé une expertise unique dans la couverture de l’actualité.

Nos 200 journalistes à Paris, en régions ou à l’étranger sont sur le terrain au contact des dirigeants politiques, des entreprises ou des spécialistes pour vous proposer une information vérifiée, des interviews exclusives, des explications chiffrées et des analyses pointues pour permettre de mieux comprendre le monde d’aujourd’hui et de s’approprier les enjeux de demain.

Abonnez-vous à votre tour et bénéficiez d’une couverture unique et experte de l’actualité, d’un accès illimité à l’intégralité du travail de nos journalistes : analyses, exclusivités, enquêtes, newsletters ainsi qu’à la version premium du site.

Je découvre les offres



A lire aussi

Laisser un commentaire