Le Kenya a rendu un dernier hommage à l’ex-président Daniel arap Moi



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Les obsèques nationales de l’ancien président du Kenya Daniel arap Moi ont eu lieu à Nairobi mardi 11 février. Plusieurs dirigeants étaient présents pour lui rendre hommage. Dans les rues de la capitale, les avis sur l’ex-chef d’État étaient hétérogènes. Pour certains, il était un héros. Pour d’autres, un dictateur.

Avec notre correspondante à Nairobi, Charlotte Simonart

Daniel arap Moi, décédé à l’âge de 95 ans le 4 février, a été une nouvelle fois honoré mardi 11 février au Kenya, pays qu’il a dirigé d’une main de fer de 1978 à 2002. Ses obsèques nationales se sont déroulées au stade Nyayo, au centre de Nairobi. Les 30 000 places étaient pourvues.

 

 

 

 

 

 

Plusieurs chefs d’États étaient présents, parmi lesquels Salva Kiir (Soudan du Sud), Yoweri Museveni (Ouganda) et Paul Kagame (Rwanda).

Des badauds ont bien tenté de forcer l’entrée, mais les forces de l’ordre sont intervenues. Parmi les refoulés, il y avait beaucoup de déçus.

« Nous lui sommes très reconnaissants »

Geoffrey vient de la vallée du Rift, fief de feu Daniel arap Moi. « Il a été notre président pendant si longtemps. Nous lui sommes très reconnaissants surtout pour ce qu’il a fait pour l’éducation. Mercredi, j’irai à l’enterrement. C’est à 300 kilomètres d’ici mais il le mérite tellement », confie-t-il.

Richard, la soixantaine, a lui essayé de suivre la cérémonie sur son vieux téléphone. « J’écoute à la radio ce qu’il se passe dans le stade. Je veux que l’on parle de lui à travers les bonnes choses qu’il a faites durant son règne », explique-t-il.

« C’était un dictateur »

Mais à Nairobi, l’ancien président n’a pas que des fans. Tous ces jours de deuil et cette cérémonie font grincer des dents certains Kényans. Vicky ne cache pas sa colère : « Il y a tellement de gens qui meurent de faim et le gouvernement dit qu’il n’y a plus d’argent… mais aujourd’hui, ils dépensent une fortune pour ces funérailles. »

Joseph, lui, a préféré rester chez lui en ce jour déclaré férié. Pas question de rendre hommage à Daniel arap Moi : « Je n’en ai rien à faire de lui. C’était un dictateur. Les gens n’étaient pas libres. Combien de livres, de journaux, de magazines a-t-il censurés ? Nous avons perdu notre démocratie. »

Même après sa mort, Daniel Arap Moi continue de diviser. Il sera enterré mercredi 12 février dans la petite ville de Kabarak, au centre du pays.

Moi a laissé plusieurs héritages au Kenya.





rfi

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