Afrique: La commissaire de l’UA pour l’augmentation de la production agricole en Afrique


Addis — Abeba – La commissaire de l’Union africaine (UA) pour l’économie rurale et l’agriculture, Josefa Sacko, a encouragé, à Addis-Abeba, les États africains à investir massivement dans le secteur agricole afin d’inverser la tendance d’importation de nourriture.

Dans une interview exclusive à l’Angop, en marge du 33ème sommet de l’Union africaine, la responsable a estimé que l’investissement dans l’agriculture était essentiel pour arrêter le problème de l’importation de produits agricoles en Afrique.

Selon elle, l’investissement des États dans ce secteur doit être aligné sur la Déclaration de Malabo, qui identifie sept domaines prioritaires pour la transformation de l’agriculture et le développement socio-économique du continent.

La Déclaration de Malabo, approuvée par les Chefs d’État et de Gouvernement africains en juin 2014, a donné un nouvel élan au Programme intégré pour le développement agricole en Afrique (CAADP), lancé en 2003.

Garantissant des objectifs spécifiques d’investissement et de croissance pour le secteur agricole en Afrique, le CAADP est devenu un outil de promotion qui a contribué à aligner les pays et leurs respectifs partenaires de développement sur un ensemble d’objectifs communs.

« Nous voulons arrêter le problème de l’importation de produits agricoles », a déclaré l’angolaise Josefa Sacko.

Elle estime que pour inverser cette tendance, les États membres de l’UA doivent mettre en œuvre le CAADP, un programme qui vise à améliorer la productivité et à diversifier les cultures, en vue de la sécurité nutritionnelle.

La commissaire de l’UA a fait savoir que l’Afrique était la partie du globe avec plus des terres arables. « Nous avons 60% du potentiel de production pour nous-mêmes et d’exportation de notre production ».

Josefa Sacko a indiqué qu’elle était engagée dans la réduction des importations alimentaires, par le biais de la stratégie et des programmes de soutien aux États membres de l’organisation.

La responsable a cependant expliqué que son département ne finance pas de programmes, mais établit des politiques, des stratégies et travaille avec les États membres, ainsi qu’avec les communautés économiques régionales pour aligner les décisions prises au niveau de l’UA, afin de garantir les lignes budgétaires.

Selon l’interlocutrice, si le programme national de développement ne s’aligne pas sur ces indicateurs, il n’est pas possible d’avoir une ligne budgétaire pour la mise en œuvre du projet.

Josefa Sacko a fait savoir que les engagements de Malabo et les plans nationaux de développement de son département avaient été couronnés de succès ces dernières années.

Elle a dit qu’il y a actuellement environ 28 pays qui ont déjà aligné leurs plans nationaux d’investissement vers le secteur agricole.

La deuxième édition pour évaluer les programmes du département qu’elle dirige avec le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, en tant que leader du thème de l’agriculture en Afrique, a eu lieu lundi au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba. Concrètement, elle a indiqué que la mise en œuvre du programme commun de transformation agricole sur le continent est d’environ 60%.

Mécanisation agricole en milieu rural La Commission de l’Union africaine pour l’économie rurale et l’agriculture a lancé, l’an dernier, la campagne de mécanisation agricole en milieu rural, avec le soutien de l’Union européenne.

« Nous voulons éliminer le dur labeur des femmes rurales et leur donner les moyens d’une technologie plus moderne, c’est-à-dire passer de l’agriculture de subsistance à l’agriculture mécanisée à travers la chaîne de valeur », a-t-elle noté.

Elle a précisé que c’était l’objectif à atteindre pour réduire la pauvreté et créer plus d’emplois, en vue de la sécurité alimentaire sur le continent.

Selon la commissaire de l’UA, la plupart de la population des 55 pays africains vivent dans des zones rurales, illustrant le cas de l’Éthiopie avec plus de 100 millions d’habitants, dont 70% vivent dans des zones rurales. Défis Selon Josefa Sacko, les défis auxquels est confrontée la Commission de l’économie rurale et de l’agriculture de l’Union africaine sont énormes et impliquent, fondamentalement, la recherche de solutions aux problèmes de transhumance (déplacement saisonnier des personnes avec leurs animaux de la plaine vers les montagnes et vice versa, entre deux régimes climatiques différents) et la question de la production végétale.

Elle a souligné que son département, qui a une structure énorme (y compris le domaine environnemental), étudie également les meilleurs moyens de faire la résilience face au changement climatique.

Josefa Sacko a également informé qu’elle travaillait sur un programme ambitieux appelé «Mur vert», qui se concentre sur la plantation d’arbres et la fin de la sécheresse qui sévit dans la région du Sahel et en Afrique australe.

Dans le cadre du processus de réforme de l’UA, le département qu’il dirige a été chargé de s’occuper de «l’économie bleue», liée aux produits marins.

Lors de l’événement parallèle du 33e sommet de l’UA, ils ont rencontré la première ministre norvégienne, Erna Soubert, qui soutient le développement de la stratégie continentale pour l’économie bleue, pour l’exploration durable des océans, des rivières et des lacs.



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