Comment tuer l’animalité qui sommeille en nous ?


Chaque jour qui passe au Sénégal est rythmé par ses séries de viols, de pédophilies, de meurtres, d’agressions… Les parents soucieux du sort de leurs enfants sont déboussolés, anéantis par une angoisse permanente. Pire, l’Autorité semble être absente. Le premier flic du pays, le ministre de l’Intérieur, ne se prononce sur les cas les plus dramatiques qu’au détour d’une cérémonie officielle, après interpellation de la presse. Des autorités qui donnent l’impression que les réelles préoccupations sont ailleurs. Elles sont pour l’essentiel politiques. Même pas une communication sérieuse sur ces affaires qui peut tant soit peu apaisée la crainte des mères et pères de famille. C’est la peur au vente que nous laissons nos enfants faire quelques mètres pour aller à l’école, au dara et autres institutions d’éducation.

Aujourd’hui face à l’inaction des autorités qui sont très fortes à jouer le médecin après la mort, les parents ne savent plus où donner de la tête quand ceux qui abusent nos enfants sont en principe leurs principaux éducateurs, encadreurs. Le mal est profond et mérite plus que le dialogue national des mois et des mois de concertations, de recherches et réflexions pour faire face avec un plan sociétal avant même « l’appareil répressif  de l’Etat » autrement dit la Police, la Gendarmerie, l’Armée… La société sénégalaise qui doit permettre à chaque sénégalais d’accomplir sa vraie nature et aussi de s’accomplir doit-être réétudiée. Oui c’est parce qu’aujourd’hui nous vivons dans un environnement où « l’homme qui devait être le remède pour l’homme » ne constitue plus une garantie pour son prochain.

Les intellectuels, religieux de tout bord, ceux qui pensent le devenir de notre pays doivent imposer aux politiques un agenda pour réfléchir sur les orientations dramatiques de notre société.  C’est l’avenir du Sénégal qui est en jeu. Il est temps de concentrer nos énergies pour tuer l’animalité qui sommeil en nous.  Ce qu’elle contient de vil, de cruel, de corrompu. C’est elle qui pousse un père de famille à tuer son fils pour une histoire de 25FCFA. C’est elle qui pousse un éducateur à coucher avec son élève. C’est elle qui pousse un père de famille à coucher avec ses filles. C’est elle qui nous pousse à faire des choses qui dépassent notre entendement. C’est peut-être aussi elle qui pousse l’Autorité à ne penser qu’à ses désirs matériels en s’accaparant par tous les moyens le bien public. C’est peut-être elle qui bouche les oreilles de l’Autorité qui n’entend plus le cri du peuple. Résultat des courses c’est par des manifestations catastrophiques que certaines populations se font entendre. On défie facilement la justice et on ose défier ou même poursuivre les forces de l’ordre.

Il est temps de réfléchir pour bâtir une société homogène, apaisée où il fait bon vivre pour tous ses enfants sans exception.

                                                                           
NDIAGA DIOUF
Journaliste



Dakaractu

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