Le gouvernement espagnol revoit ses objectifs budgétaires à la baisse



Publié le 12 févr. 2020 à 12h34

Coup de frein à la croissance espagnole. Madrid a corrigé ses prévisions à la baisse et annonce une progression du PIB de 1,6 % cette année, au lieu des 1,8 % sur lesquels il tablait jusque-là.

« Il s’agit de prévisions prudentes », dans un contexte global « de relative incertitude », explique 
la ministre de l’Economie, Nadia Calviño

, en insistant sur le fait que le dynamisme espagnol « robuste, solide et équilibré », est nettement plus fort que celui des pays de son entourage.

Il n’empêche, le panorama se complique sérieusement pour le gouvernement de Pedro Sánchez qui doit préparer son projet de budget 2020 avec une marge de manoeuvre financière réduite, tout en tenant le cap du grand virage social promis à 
ses alliés de Podemos

.

Nouvelle marge pour redresser les comptes

Madrid qui était sorti de la crise en 2014, avec un taux de croissance annuel supérieur à 3 %, subit à présent le contrecoup du ralentissement mondial et revient à des performances plus modérées, avec 2 % en 2019, 1,6 % en 2020 et 1,5 % en 2021, ce qui vient de conduire à une
révision de ses objectifs budgétaires

.

Le pays se donne en effet une marge nouvelle pour redresser ses comptes et annonce un déficit public de 1,8 % de PIB cette année puis 1,5 % en 2021 (contre 0,4% prévu jusque-là), 1,2 % en 2022 et 0,9 % en 2023. Il s’agit simplement d’« un exercice de réalisme », selon la ministre des Finances, Maria Jesus Montero, qui rappelle que l’instabilité politique et les difficultés pour former un gouvernement ont empêché le pays de se doter d’un instrument budgétaire l’an dernier pour réorganiser les finances publiques.

Conséquences sur l’emploi

« L’Espagne tient bon malgré l’adversité », indique l’économiste Jesus Castillo chez Natixis, en soulignant notamment le rebond de croissance au dernier trimestre 2019 (+0,5%) et la bonne tenue des exportations. Mais il est difficile de savoir quelles seront les conséquences sur l’emploi de cette croissance à bas régime à laquelle le pays est peu habitué. Le taux de chômage, à 13,7 % actuellement, devrait rester élevé, à 13 % encore en 2021, contre les 10,7 % espérés jusque-là.

Réforme du travail

Les organisations patronales lancent des appels à la prudence, alors que le gouvernement qui vient de relever le salaire minimum de 5,5 %, a ouvert des négociations pour une réforme de la législation du travail.

Il prétend freiner la précarité de l’emploi en revenant, à la demande des syndicats, sur un certain nombre de mesures de flexibilité qui avaient été prises durant la crise. Face à ceux qui craignent la déstabilisation du marché du travail et le dérapage des comptes publics, la ministre de l’Economie joue l’apaisement. Mais les négociations autour du budget devraient être l’épreuve du feu pour évaluer la solidité du gouvernement Sanchez, face aux pressions de ses alliés.



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