le silence éloquent du pape François



Dans son exhortation apostolique qui clôt le synode sur l’Amazonie qui s’est déroulé en 2019, le souverain pontife ne s’est pas exprimé sur la possibilité de permettre l’ouverture de la prêtrise aux hommes mariés. Pour la presse italienne, ce silence équivaut à une réponse négative.

Le verdict, potentiellement révolutionnaire, était attendu depuis des mois. Fin octobre 2019, le synode sur l’Amazonie (réunion d’ecclésiastiques pour délibérer sur un sujet) se concluait par une prise de position forte des presque 200 pères synodaux réunis pour l’occasion. Dans un document officiel, les hommes d’Église “conseillaient” au souverain pontife d’accepter d’ordonner des hommes déjà mariés dans les régions reculées de l’Amazonie.

Ce mercredi 12 février, la position officielle du pape à cet égard a été enfin rendue publique. Et elle ne va pas dans le sens que certains espéraient. “Dans l’exhortation apostolique ‘Querida Amazonia’, il n’y a pas de tournants, ni d’ouverture d’aucune sorte quant à la possibilité d’ordonner des hommes mariés”, tranche le quotidien milanais Il Corriere della Sera, qui souligne que “François a tout simplement choisi de ne pas aborder le sujet”.

Une décision qui n’est guère, surprenante selon le journal romain La Repubblica, qui explique ainsi cette prise de position :

Selon certains observateurs, il y a eu beaucoup de pression de la part du monde conservateur sur le pape. Le chantage d’un éventuel schisme en cas d’ouverture l’aurait convaincu à faire un pas en arrière. Mais en réalité, François ne s’était à aucun moment déclaré favorable (…).”

Comment résoudre alors le problème persistant de l’absence de prêtres dans certaines régions reculées de la planète, et en particulier an Amazonie ?

“Vocations chez les indigènes”

Le quotidien catholique Avvenire rapporte la pensée du pape, qui a “rappelé à l’Église toute entière sa responsabilité, en demandant l’envoi de nouveaux missionnaires, et en indiquant la voie d’un renouveau ecclésiastique et la croissance d’une église de la foi incarnée, qui puisse susciter et accompagner des vocations chez les indigènes”.

Beniamino Morante





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