Cameroun: Élections – l’UA souligne la faible participation des électeurs


L’Union africaine avait déployé 34 observateurs dans six régions du Cameroun pour cette mission d’observation des élections législatives et municipales, dirigée par l’ancien Premier ministre du Niger Seyni Oumarou. Mardi, devant la presse à Yaoundé, il a dévoilé les premières conclusions et formulé une série de recommandations.

En dehors des régions anglophones, où les experts de l’Union africaine ne se sont pas rendus, la mission estime que le scrutin s’est déroulé dans une « atmosphère calme et paisible », mais souligne la « faible » participation des électeurs dans un contexte de tension, marqué notamment par la crise anglophone et l’appel au boycott de Maurice Kamto arrivé officiellement second à la présidentielle.

« La mission a relevé une faible affluence dans les différentes localités couvertes. Le scrutin s’est tenu dans un contexte empreint de tensions politiques et sécuritaires et par l’absence de consensus entre les acteurs politiques, ce qui a pu affecter le caractère inclusif de ces élections et la mobilisation des électrices et des électeurs », a expliqué le chef de la mission d’observation de l’Union africaine, Seyni Oumarou.

L’Union africaine déplore également le nombre d’inscrits « relativement bas ». Seulement 30% de la population. Et souligne le déséquilibre dans le nombre de candidats présentés par les différents partis politiques en compétition.

Des frais de cautionnement trop élevés

« Seul le RDPC est en course dans la quasi-totalité des circonscriptions. La mission note à ce propos que le montant du cautionnement fixé à un million de FCFA pour les candidats titulaires et leur suppléant aux élections législatives paraît relativement exorbitant et est de nature à porter atteinte à l’égalité des chances » a poursuivi Seyni Oumarou.

L’Union africaine invite les autorités camerounaises à mettre en place « un cadre de dialogue et de concertation » pour « restaurer la confiance dans les processus électoraux » au Cameroun. Et à « renforcer l’indépendance » d’Elecam, la commission électorale, notamment en réformant le mode de désignation de ses membres qui, selon elle, reste actuellement « tributaire du pouvoir exécutif ».

Interrogé sur le fait qu’aucun des 34 experts déployés au cours de cette mission ne s’est déployé dans les deux régions anglophones, ni dans l’Extrême Nord en proie à Boko Haram, Seyni Oumarou a expliqué que l’UA n’avait pas voulu « prendre de risque », compte tenu de la situation sécuritaire sur place. « Ce n’est pas que parce » que les autorités camerounaises « ne voulaient pas, mais ce n’était pas possible », a-t-il assuré.



allafrica

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