Cote d’Ivoire: Conflits agriculteurs-éleveurs – Le député de Touba Sako Mamadou sensibilise les populations


Briser le mur de méfiance en vue d’une coexistence pacifique entre éleveurs et agriculteurs dans le Bafing. Tel était le but de la réunion de concertation et de sensibilisation des populations le mardi 11 février 2020, à la salle des conférences du centre de formation professionnelle Leonardi de Touba, initiée par Sako Mamadou, député de Touba commune.

Au cours de cette réunion, une conférence a été co-animée par Traoré Amadou, directeur régional des ressources animales et halieutiques et Me Diallo Oumar, procureur de la section de tribunal de Touba. Les conférenciers ont expliqué aux éleveurs et agriculteurs les textes qui régissent leurs secteurs d’activité.

Pour Traoré Amadou, tout transhumant qui entre sur le territoire ivoirien, doit disposer de documents légaux délivrés par les autorités de leur pays d’origine, notamment leur identité, une attestation de bonne santé des animaux, un document indiquant leur destination et justifiant l’accord des zones d’accueil.

C’est sur présentation desdits documents aux agents des ressources animales et halieutiques aux postes frontaliers, qu’un laissez-passer de transhumance est délivré, tel que mentionné dans le décret n°96-431 du 3 juin 1996 portant réglementation du pâturage et des déplacements du bétail.

Parlant du recensement, le directeur régional des ressources animales et halieutiques du Bafing a indiqué que les éleveurs, aussi bien les transhumants que les sédentaires, doivent se faire recenser.

« Tout propriétaire d’animaux d’élevage d’espèces bovines, ovines, caprines et porcines est tenu de se faire inscrire à un registre ouvert dans chaque sous-préfecture et tenu par les services des ressources animales », a-t-il dit. Il a terminé son exposé par l’explication du décret n°96-433 du 3 juin 1996 relatif au règlement des différends entre éleveurs et agriculteurs.

Il a, à ce niveau, invité les populations au règlement de leurs différends à l’amiable et en installant des commissions villageoises et sous-préfectorales composées de représentants de chaque partie et présidées par les chefs de village et les sous-préfets.

« Tous ces textes font la promotion de la cohésion sociale entre éleveurs et agriculteurs. S’ils sont respectés, il n’y aura plus de conflit entre vous », a dit Traoré Amadou.

Le procureur Diallo Oumar, saluant l’initiative du député Sako Mamadou qui vise à promouvoir la cohésion sociale et lutter contre les conflits agriculteurs-éleveurs, a invité les autres cadres et élus de la région à emboîter le pas à ce dernier.

Il a insisté sur le respect des lois tout en évoquant les sanctions pénales et pécuniaires prévues par la loi n°2016-413 du 15 juin 2016 relative à la transhumance et aux déplacements du bétail. « L’État n’est pas contre les éleveurs encore moins des agriculteurs.

Privilégiez l’entente et les règlements à l’amiable à travers les commissions villageoises et sous-préfectorales afin de ne pas arriver à la justice », a conseillé le procureur.

Heureux de leur présence, Dr Sako Mamadou a exhorté les populations à appliquer les recommandations données par les conférenciers.

« Appliquez les recommandations données, faites-vous recenser, construisez des parcs et évitez de détruire les champs et de faire sortir les animaux nuitamment », s’est-il adressé aux éleveurs.

Quant aux agriculteurs, il leur a demandé de se garder de vendre les terres, de ne pas installer anarchiquement les éleveurs et à ne pas se rendre justice en abattant les animaux d’autrui. Ce qui, à l’en croire, va conduire à une coexistence pacifique entre éleveurs et agriculteurs.

Baffrou Kamano François, secrétaire général 2 de la préfecture de Touba, a, au nom du préfet de région, Mme Akasson Bernadette, remercié Dr Sako Mamadou pour la tenue de cette assise et l’a encouragé à continuer sur sa lancée afin de toujours éclairer les populations sur les lois votées à l’hémicycle.

Aux participants, il leur a demandé d’être les relais auprès de ceux qui n’ont pu assister à l’assise pour qu’il n’y ait plus de conflit dans la région.



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