Donald Trump menace la quiétude des Allemands



Publié le 13 févr. 2020 à 6h06Mis à jour le 13 févr. 2020 à 6h07

Le style impulsif de Donald Trump, qui tranche avec 
la constance de leur chancelière

, n’amuse vraiment pas les Allemands. Au contraire, il les inquiète de plus en plus.
Ses menaces tonitruantes, notamment vis-à-vis de l’Iran

, expliquent le bond de dix points sur un an de la crainte des habitants outre-Rhin de voir leur pays impliqué dans un conflit militaire, révèle le 9e sondage annuel réalisé – auprès d’un échantillon représentatif de 1.273 personnes – par l’Institut Allensbach pour le Centre pour la stratégie et le leadership.

Une personne interrogée sur quatre outre-Rhin fin janvier se disait très inquiète à cette idée, proportion inédite depuis le lancement de cette étude. Et 61 % estiment que les Etats-Unis constituent la plus grande menace pour la paix mondiale. Cela place le pays de Donald Trump devant la Corée du Nord, la Turquie et la Russie, et juste derrière l’Iran, qui totalise 66 % de voix !

Des vieux jours peu radieux

Si 39 % des Allemands continuent de voir dans l’Oncle Sam leur principal allié militaire, le fossé se creuse entre l’Allemagne de l’Ouest et les länder de l’est du pays. Cette proportion monte ainsi à 41 % chez les sondés issus de l’ancienne RFA, tandis qu’elle tombe à 30 % dans l’ex-RDA. La France y est considérée comme le premier partenaire par 37 % des sondés.

C’est sans doute encourageant pour l’Hexagone, qui aimerait plus d’enthousiasme outre-Rhin vis-à-vis de ses 
projets de défense européenne

, moins pour les Allemands, dont l’horizon personnel semble par ailleurs très gris. Leurs inquiétudes sont particulièrement élevées quant à la qualité de leurs vieux jours et aux
conséquences du changement climatique

. Pour 42 % d’entre eux, la plus grande crainte est en effet d’être alors atteint de démence et d’avoir besoin de soins, tandis que 40 % citent le climat.

La criminalité, plus grande inquiétude que la récession

Toutes ces incertitudes alimentent sans doute aussi leurs inquiétudes vis-à-vis de la criminalité et leur propension à plaider pour davantage de systèmes de vidéosurveillance dans les lieux publics (78 % sont pour). Si la peur de la violence ne touche que 30 % des personnes interrogées, 50 % des Allemands sondés estiment que la criminalité augmente. Les chiffres prouvent le contraire, mais les règlements sanglants de clans mafieux à Berlin l’an dernier expliquent que 70 % déclarent qu’« il existe des zones de non-droit en Allemagne ».

Le fossé est encore notable entre l’ouest et l’est du pays, où
l’extrême droite prospère

. Alors que seulement un citoyen sur cinq dans les Länder d’ex-RFA dit « se sentir moins en sécurité » ou « pas en sécurité du tout », 35 % souscrivent à ces formulations dans la partie orientale du pays, soit un bond de 10 points en un an.

Dans ce contexte,
la situation de leur économie

, qui inquiète tant leurs partenaires européens, est le cadet de leurs soucis ! Seuls 12 % s’inquiètent pour leur emploi. Alors que les taux d’intérêt européens sont particulièrement bas, plus d’un Allemand sur quatre (26 %) s’inquiète plutôt d’un retour de l’inflation. L’hyperinflation des années 1920 n’a pas fini de laisser des traces.



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