En Biélorussie, la rocambolesque affaire de la “mafia du sucre”



Un avion qui fait demi-tour en plein ciel, des directeurs d’usines de sucre qui disparaissent : les citoyens biélorusses ont eu le fin mot de l’histoire par les autorités, qui se targuent d’avoir démantelé un important dispositif de corruption chapeauté par le numéro un de la lutte contre la criminalité lui-même.

Le KGB biélorusse rend progressivement publics les éléments de “l’affaire du sucre”, avec avions biélorusses sommés de faire demi-tour au-dessus de l’Europe et disparitions mystérieuses de chefs d’entreprise. Il s’avère que les malfaiteurs étaient “couverts” par le principal pourfendeur du crime organisé au sein des forces de l’ordre. Les pots-de-vin étaient distribués par le directeur d’une société russe.

Le 4 février, la télévision publique biélorusse a diffusé un sujet documentaire intitulé La Mafia du sucre. On y voit le directeur du service des enquêtes du KGB, Konstantin Bytchek, raconter comment les directeurs de plusieurs usines de sucre ont organisé un réseau mafieux pour leur enrichissement personnel. Outre les usines de sucre, ce réseau implique également la société biélorusse Eurotarex, productrice d’emballages, et son fournisseur russe de matières premières, Polymir.

Complicités

Eurotarex achetait à Polymir des matières premières au-dessus du prix du marché, puis “ces excédents rassemblés sur les comptes de Polymir étaient redistribués en liquide à l’aide de sociétés-écrans russes” entre les membres du réseau mafieux.

Le film montre également des scènes en caméra cachée où le fondateur de Polymir, Sergueï Kononenko (lui aussi arrêté depuis par le KGB biélorusse), répartit de l’argent dans plusieurs enveloppes qu’il donne ensuite aux directeurs biélorusses. Le revenu des directeurs était calculé sur la base de 3 centimes d’euro le sac.

Les escrocs ont pu échapper à la justice durant de nombreuses années grâce à Vladimir Tikhine, directeur du deuxième Département de lutte contre le crime organisé et la corruption au sein du ministère de l’

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Anton Khodassevitch

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Le bien nommé “Journal indépendant” a vu le jour en décembre 1990, un an avant la chute de l’URSS. Il fut donc l’un des tout premiers titres (avec Kommersant) à paraître dans la foulée de la Loi sur la presse soviétique qui

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