En Italie, Matteo Salvini rattrapé par les migrants



Publié le 14 févr. 2020 à 6h04Mis à jour le 14 févr. 2020 à 6h05

« Au procès, je revendiquerai avec orgueil avoir défendu ma patrie », a commenté Matteo Salvini, suite à la décision du Sénat de permettre l’ouverture d’un procès pour séquestration de personnes. Pas un instant, le leader de la Ligue ne regrette pas un instant d’avoir, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur,
bloqué un bateau de migrants au large de la Sicile

.

« Je n’irai pas dans cette salle de tribunal pour me défendre, j’irai pour revendiquer avec orgueil ce que j’ai fait », a-t-il déclaré devant la chambre haute du Parlement italien. Avant d’ajouter : « Mes deux enfants ont le droit de savoir que, si leur papa était souvent loin de la maison, ce n’était pas pour séquestrer des personnes mais pour défendre les frontières et la sécurité du pays. »

Procès Open Arms

Une position qui a rencontré l’approbation de l’opinion publique italienne et permis à son parti – la Ligue – de devenir la première force politique du pays avec un tiers de l’électorat qui lui reste favorable. Le 27 février, le Sénat devra également statuer sur une autre demande de renvoi devant la justice concernant, cette fois,
le navire humanitaire Open Arms

bloqué mi-août 2019 pendant plusieurs jours au large de l’île de Lampedusa.

Matteo Salvini encourt une peine d’inéligibilité de six à huit ans. Mais, compte tenu de la lenteur de la justice italienne et des possibilités de recours, les possibilités qu’il soit condamné à l’issue de procès qui dureront des années sont bien minces.

Fin des « décrets sécurité » en vue

En revanche, au cours des prochains mois, c’est son action en tant que ministre de l’Intérieur que le gouvernement de Giuseppe Conte entend effacer. Luciana Lamorgese, à la tête du Viminale (le « Place Beauvau » italien), a annoncé que les « décrets sécurité » adoptés par son prédécesseur, particulièrement répressifs envers l’immigration et l’action des ONG en Méditerranée, seront profondément modifiés.

Ils ont l’effet inverse escompté en augmentant sensiblement le nombre de sans-papiers, estiment de nombreuses fondations et ONG comme Amnesty International ou Action Aid. Et le gouvernement étudie la régularisation d’une partie des 600.000 environ présents dans la péninsule. La dernière remonte à 2012.

Rien que dans le secteur de l’aide à la personne, travaillent environ 200.000 personnes en situation irrégulière. Selon les estimations de la Fondation Leone Moressa, la régularisation de 300.000 sans papiers permettrait au fisc de percevoir 1,2 milliard d’euros de contributions sociales diverses et variées. Une manne pour un pays au bord de la récession et dont
l’hiver démographique

menace les fondements de l’Etat providence.



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