Sénégal: Coronavirus – L’Afrique redoute une récession de l’économie mondiale


Réunis à Dakar, les banquiers centraux du continent africain évaluent le processus d’intégration monétaire. Ils réfléchissent aussi sur les moyens de se réajuster face aux chocs exogènes comme l’épidémie de pneumonie à coronavirus qui risque d’entrainer « une récession » de l’économie mondiale.

Le bureau de l’Association des Banques centrales africaines (Abca) a tenu, hier, sa première réunion ordinaire au titre de l’année 2020 dans les locaux de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), sise à Dakar. Au menu des échanges, l’évaluation du processus d’intégration monétaire et comment faire face aux chocs exogènes comme la nouvelle épidémie de coronavirus qui risque d’entrainer une « récession ». À ce titre, le Commissaire aux Affaires économiques de l’Union africaine (Ua), Victor Harrison, a attiré l’attention des banquiers centraux du continent sur les « conséquences économiques désastreuses du coronavirus » sur le continent. L’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) a annoncé, mercredi, la baisse de la production mondiale d’or noir. Mais, c’est surtout le ralentissement de l’économie chinoise qui inquiète. « Vu la place de la Chine par rapport à nos échanges commerciaux, il risque d’y avoir une récession économique au niveau international », s’alarme Victor Harrison. Un phénomène qui va porter un coup de frein à la dynamique des économies africaines qui sont dans une phase de reprise après une décennie de croissance.

Sur le chantier de l’intégration monétaire, le Commissaire aux Affaires économiques de l’Ua salue les performances du pound égyptien et les obligations rwandaises. Dans le même élan, il espère l’avènement d’une monnaie unique « correspondant aux aspirations des pays de la Cedeao et à leurs intérêts » ; ce qui sera « un grand pas » dans le processus d’intégration régionale. En collaboration avec la Banque centrale du Nigeria, la Commission de l’Ua a élaboré les statuts de l’Institut monétaire africain qui va commencer ses opérations « cette année ». Si le débat de l’intégration monétaire africaine s’est jusque-là focalisé sur la convergence macroéconomique, il convient de le « réorienter » sur la dette et sa gestion, ajoute-t-il.

Le Département des Affaires économiques de l’Union africaine se fixe comme priorité, « à partir de cette année », la mobilisation des ressources internes. La quatrième session du Comité mixte spécialisé de l’Ua sur les finances, les affaires monétaires, la planification et l’intégration, qui se tiendra du 9 au 14 mars prochains, à Accra, au Ghana, sur le thème : « Tirer parti de la quatrième révolution industrielle pour lutter contre le chômage des jeunes en Afrique », servira de point de démarrage de ce chantier. Le Président ghanéen Nana Akufo Ado a été nommé « champion » des institutions financières panafricaines. « Un signal fort de l’engagement de l’Ua à œuvrer à la réalisation d’un projet phare de l’Agenda 2063 », dit M. Harrison, estimant qu’une monnaie unique africaine est une condition de la réussite de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Enfin, il faut signaler que le Rwandais John Rwangombwa a pris le relais de l’Égyptien Tarek Hassan Amer comme Président de l’Abca.



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