Pékin envisage de repousser deux sessions politiques majeures



En ces temps de mobilisation générale de lutte contre l’expansion du coronavirus, le gouvernement chinois envisage de repousser ses deux sessions politiques annuelles, initialement programmées en mars. Du jamais-vu depuis quarante-cinq ans.
 

“La réunion du comité permanent de l’Assemblée nationale populaire examinera fin février le projet d’un report de la 3e session de la 13e Assemblée nationale populaire”, a annoncé l’agence officielle de presse Xinhua ce lundi 17 février. La date de cet événement politique majeur, prévu le 5 mars à Pékin, avait été fixée le 28 décembre dernier.

Au regard de la gravité de la situation sanitaire dans le pays, Pékin estime cependant qu’“à l’heure actuelle, pour freiner la propagation de l’épidémie [de Covid-19, induite par le nouveau coronavirus] et gagner la bataille contre le virus, nous devons concentrer nos efforts et faire tout ce qui est en notre pouvoir”.

L’Assemblée nationale populaire (ANP) compte près de 3 000 membres, “un grand nombre d’entre eux, dont un tiers de dirigeants provinciaux et municipaux, de cadres dirigeants dans divers domaines, sont sur le front de la prévention et du contrôle de l’épidémie”, a assuré l’agence Xinhua.

La Conférence consultative politique nationale (CCPN), qui compte 2 158 délégués, était, elle, prévue le 7 mars à Pékin. Planifiée à la suite de la session de l’ANP, elle pourrait également être repoussée. Selon Pengpai, pure player de Shanghai, le Comité national de la présidence de la CCPN, qui s’est réuni ce lundi à Pékin, a également étudié l’éventualité d’un report.

Un “état d’urgence” non officiel

“Cela sera la première fois [que l’on reporte ces sessions depuis quarante-cinq ans”, a souligné Radio Free Asia. La dernière perturbation en date de l’événement remonte en effet à la Révolution culturelle : de 1966 à 1975, l’ANP avait alors été suspendue.

Mais dans un contexte où Pékin fait son possible pour limiter les mouvements de population afin de contenir l’épidémie, ces rassemblements politiques ne sont pas considérés comme sûrs. “Le nombre de participants à ces deux sessions atteint 5000 personnes. À cela s’ajoutent les journalistes et le personnel, il y a plus de 10000 personnes pendant deux semaines”, a précisé la chaîne de radio.

Quoi qu’il en soit, un tel report “n’entraînera pas de conséquences politiques concrètes”, selon Wu Qiang, ex-professeur du département politique de l’université Tsinghua, qui considère l’ANP comme “une potiche”. “En revanche, il y a une signification politique”, ajoute-il. “Cela montre que la Chine est déjà entrée dans un état d’urgence non annoncé”, estime le chercheur.

Zhang Zhulin





A lire aussi

Laisser un commentaire