Appel à communication : Journées d’études Joseph Ki-Zerbo 2020


Joseph KI-ZERBO : un combat au service du développement endogène

Contexte et justification :

Il n’est point nécessaire de s’attarder sur la biographie de Joseph KI-ZERBO tant par son œuvre, celui qui fut le premier Africain agrégé en Histoire en 1956, a une renommée internationale. Né le 21 juin 1922 à Toma au Burkina Faso, Joseph KI-ZERBO après ses brillantes études primaires et secondaires va suivre des études supérieures à l’université de Sorbonne de Paris, puis à l’Institut d’études politiques où il soutiendra sa thèse de doctorat en Histoire. Joseph KI-ZERBO a été de tous les combats pour la libération de l’Afrique de la tutelle occidentale.

C’est pourquoi il s’est positionné comme un farouche adversaire des pseudo-historiens des temps coloniaux qui ont nié l’existence d’une Histoire en Afrique. Ce combat l’engage sur le chemin de l’écriture, car pense-il, une réhabilitation de l’identité de l’homme noire est nécessaire. L’ouvrage Histoire de l’Afrique noire d’hier à demain qu’il publie en 1972 est une réplique véhémente à la théorie de la table rase imputée à l’Afrique. Joseph KI-ZERBO est par ailleurs convaincu que l’aide extérieure a pour but de maintenir l’Afrique sous la tutelle des grandes puissances.

Il écrit alors en 1993 La natte des autres, Pour un développement endogène en Afrique comme pour faire écho à un proverbe bien connu dans nos sociétés africaines : si tu dors sur la natte d’autrui, tu dors par terre. La natte des autres est un véritable réquisitoire contre la dépendance extérieure ou l’assistanat. Au cœur de son essai A quand l’Afrique ? (2003) se trouve le concept de développement endogène. KI-ZERBO est convaincu que le développement du continent africain ne peut venir que des Africains eux-mêmes.

Ce postulat l’amène sur le terrain de l’éducation ou de la conscientisation pour lesquelles il écrit Eduquer ou périr (1990). Fustigeant l’école coloniale qu’il trouve inadaptée à nos valeurs culturelles et qui ne serait qu’une « usine de chômeurs et un éteignoir culturel », Joseph KI-ZERBO propose une école intégrée culturellement, une école à l’Africaine ? SORO (2006) serait de cet avis quand il prend l’exemple sur l’école en Chine : « Mais, mieux que le textile, c’est l’industrie pharmaceutique chinoise qui traduit toute l’importance d’une école culturellement intégrée. C’est parce que l’école chinoise est intégrée dans la tradition médicinale millénaire chinoise qu’aujourd’hui la médecine chinoise, essentiellement à base de plantes, parvient à se présenter comme une option sérieuse, dans le monde et surtout en Afrique, face à la pharmacie occidentale à base de molécules synthétiques ».

Mais le développement endogène dont parle Joseph KI-ZERBO ne saurait être un repli identitaire. C’est conscient de cela que prévient-il, « Nous ne renions pas l’universel. Nous ne voulons pas dire que nous sommes différents des autres, au contraire, nous voulons aboutir à l’universel par nos propres voies. »

Il ajoutera dans La natte des autres : Pour un développement endogène en Afrique ceci : « Il ne s’agit pas de singulariser ni d’isoler l’Afrique en la privant des langues européennes de communication mondiale et de culture scientifique planétaire. »

C’est au regard des contributions énormes de ce penseur panafricaniste contemporain à l’éveil des consciences que les autorités de l’Etat burkinabè ont baptisé l’Université de Ouagadougou Université Ouaga 1 Pr Joseph KI-ZERBO le 26 décembre 2015 et qui sera plus tard rebaptisée Université Joseph KI-ZERBO. Afin d’immortaliser la mémoire de l’illustre disparu, les premiers responsables de ladite université ont érigé un monument en son nom qui sera inauguré le…………………………..

Cette journée d’études fait suite à l’inauguration de ce monument et s’inscrit dans la même dynamique de pérennisation de la mémoire de Joseph KI-ZERBO.

Objectif principal :

L’objectif principal de cette journée d’études est de montrer la contribution de Joseph KI-ZERBO à l’éducation des sociétés africaines.

Objectifs spécifiques :

- faire connaitre l’œuvre de Joseph KI-ZERBO à travers ses productions ;

- promouvoir le concept de développement endogène à travers des approches pluridisciplinaires ;

- encourager la recherche scientifique en milieu universitaire.

Public cible :

Sont invités à prendre part à la présente journée d’études les étudiants en Master, les doctorants et les chercheurs.

Axes de réflexions :

La présente journée d’étude se veut pluridisciplinaire et intéresse toutes les disciplines : Histoire, Géographie, Lettres, Sociologie, Droit, Sciences et Technologie, Linguistique, Communication et journalisme ; etc. Les axes de réflexions ci-après sont à titre indicatif :

- littératures africaines et développement endogène ;

- Histoire africaine et enjeux du développement endogène ;

- Joseph KI-ZERBO et la tradition orale ;

- le système éducatif burkinabè et l’héritage colonial ;

- ressources naturelles et développement endogène au Burkina Faso ;

- contribution des médias à l’éveil des consciences ;

- démocratie et développement endogène en Afrique, etc.

Période de soumission : les résumés des communications sont attendus au plus tard le…………..à l’adresse suivante : zmounouni44@yahoo.fr

Bibliographie :

KI-ZERBO, Joseph, Culture et développement, Genève, 1976 ;


, « La crise actuelle de la civilisation africaine » in Rencontres internationales de Bouaké du 09 au 19 janvier 1962 : Tradition et modernisme en Afrique noire, Paris, Seuil, 1965 ;


A quand l’Afrique ? Editions Aube, Paris, 2003 ;


Eduquer ou périr, Paris, L’Harmattan, 1990 ;

SORO, G.A. David Musa, « De l’exigence d’une école culturellement intégrée et la problématique du développement de l’Afrique chez Joseph KI-ZERBO » in Ethiopiques n°77, Littérature, philosophie et art, 2e semestre 2006





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