Allemagne : les conservateurs paient à Hambourg le prix fort de leur valse-hésitation



Publié le 23 févr. 2020 à 19h59

Les tentatives d’alliance de la CDU en Thuringe avec le parti d’extrême droite (AfD) puis avec l’extrême gauche (Die Linke) ont désorienté ses électeurs. Les chrétiens-démocrates ont ainsi enregistré une claque historique à Hambourg dimanche, ne totalisant que 11,5 % des voix, en recul de plus de 4 points par rapport au dernier scrutin de 2015.

« C’est une débâcle », a commenté ARD, évoquant « le deuxième plus mauvais score de l’histoire » du parti conservateur depuis un cinglant 9 % essuyé en 1951 dans la cité-Etat de Brême.

Autre enseignement du scrutin : après s’être installée depuis 2014 dans les seize parlements régionaux du pays, dépassant même les 20 % dans certains Länder de l’ex-RDA, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) glisserait de justesse sous le seuil des 5 % requis pour être représenté, d’après ARD.

Enfin, les libéraux du FDP pourraient eux aussi sortir de l’assemblée régionale, légèrement sous les 5 %. Ce parti a été au coeur de la récente crise politique dans l’Etat de Thuringe, où un libéral avait été élu à la présidence régionale avec des voix de la droite et de l’extrême droite.

Les Verts doublent leur score

A l’inverse, les Verts ont plus que doublé leur score, à 25,5 %, deuxième meilleur résultat de leur histoire. Cette performance reflète la vague écologiste qui déferle sur le pays depuis les élections européennes de mai 2019, sur fond de préoccupation pour le climat.

Et elle leur assure une influence renforcée aux côtés du SPD. Bien qu’en recul de près de 8 points, à 37,5 %, le parti des sociaux-démocrates, en nette perte de vitesse au plan national, conserve la direction de la ville-Etat. Un soulagement pour la nouvelle présidence du parti.

Le scrutin de Hambourg, certes peu représentatif de l’Allemagne avec ses 1,3 million d’électeurs de plus de 16 ans penchant au centre-gauche dans une cité prospère, intervient en pleine crise identitaire du parti conservateur.

La CDU doit dévoiler lundi en milieu de journée qui elle compte porter à sa tête et comment afin de préparer la succession d’Angela Merkel à l’horizon 2021, mais devra pour cela clarifier son positionnement face aux extrêmes.



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