Brexit : Londres menace de quitter les négociations dès le mois de juin



Publié le 27 févr. 2020 à 13h09

Le Royaume-Uni a menacé jeudi de se retirer dès juin des négociations commerciales avec l’Union européenne s’il apparaît qu’il n’y a pas de perspective d’accord.
Dans le mandat de négociation adopté par Downing Street

en début de semaine, et présenté jeudi au Parlement de Westminster, le gouvernement dit « espérer » que « les grandes lignes d’un accord » soient établies d’ici juin pour un accord définitif en septembre. « Si ce n’est pas le cas […] le gouvernement devra décider si l’attention du Royaume-Uni doit s’éloigner des négociations et se concentrer sur la poursuite des préparatifs » pour une sortie de l’Union sans accord au 31 décembre.

Le calendrier de fin des négociations fixé par Londres à la fin 2020 paraissait déjà très court aux négociateurs européens, et Michel Barnier avait expliqué à plusieurs reprises qu’il serait difficile de conclure un large accord de libre-échange ainsi que tous les autres aspects de la relation future en dix mois. Apparemment, le premier ministre Boris Johnson a renoncé à trouver un compromis avec l’Union européenne. « Notre vision est celle d’une relation basée sur une coopération amicale entre des souverains égaux », indique le gouvernement. « Avec deux parties respectant l’autonomie juridique de l’autre. Le gouvernement ne négociera aucun arrangement dans lequel le Royaume-Uni n’aurait pas le contrôle de ses propres lois et de sa vie politique ».

La souveraineté n’est pas à vendre

Il refuse donc de s’aligner sur les normes de production du marché unique, au motif qu’il veut être libre de fixer ses propres règles et ne pas rester prisonnier du modèle européen. « Nous voulons le meilleur accord commercial possible avec l’Union européenne, mais nous ne vendrons pas notre souveraineté pour cela » a lancé Michael Gove, le chef de cabinet du premier ministre devant le Parlement.

L’intention de Londres de conclure

rapidement un accord de libre-échange de « type Canada » risque fort de se heurter à l’intransigeance du négociateur européen Michel Barnier, dont le mandat adopté par les 27 en début de semaine fixe des lignes rouges très claires. L’Europe ne laissera pas entrer librement sur son territoire les produits et les services britanniques sans conditions car le Royaume-Uni n’est pas le Canada a martelé Bruxelles depuis des semaines. La proximité et l’importance du marché britannique, son interdépendance avec le marché unique et les risques encourus en cas de dumping réglementaire britannique dans l’environnement, la fiscalité ou le droit du travail, justifient selon Bruxelles ce traitement exigeant.

Le risque est donc très élevé que faute de compromis sur ce point, les négociations s’enlisent rapidement à Bruxelles, poussant le Royaume Uni à sortir sans accord. Les règles du jeu seraient alors celles de
l’Organisation mondiale du Commerce

, qui prévoit des droits de douane sur la plupart des produits.

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