AC-Génocide demande l’intervention des experts pour éviter toute spéculation – IWACU


S’exprimant sur des travaux d’exhumation des restes humains dans les environs du pont de la Ruvubu dans la province Karusi, suivies de sorties médiatiques, Térence Mushano, vice-président de l’association AC-Génocide Cirimoso parle de manipulation politique.

Selon lui, ces fosses communes aux environs du pont de la Ruvubu pourraient contenir également des restes de Tutsi, victimes de massacres à grande échelle des années 1993 et les années qui ont suivies.

« Cette crise a emporté plus de 11.000 Tutsi. Ils ont enterré en bordure de la Ruvubu, de la Mubarazi et de la Ndurumu. Sans technique de datation au carbone 14, il est impossible de déterminer les reste de personnes enterrées en 1972 et celles des années suivantes », a-t-il fait remarquer.

Et d’ajouter : « Affirmer aujourd’hui que tous les restes exhumés au bord de la Ruvubu sont des Hutu tués pendant les événements sanglants de 1972, relève de la manipulation politique. En 2006, quelques pro Rwasa auraient été enterrés dans ces lieux, même en 2015 rien ne dit qu’il y auraient pas de personnes enterrés en catimini à cet endroit »

Pour le vice-président de l’association AC-Génocide lui, il ne faut pas avoir confiance à 100% aux dépositions. «La CVR affirme s’être servie des dépositions et des témoignages. Mais, il faut savoir que même les témoins dans les conflits fonciers peuvent mentir. Qu’il soit dit par un Hutu ou un Tutsi, la vérité est unique de même que le mensonge ».

Pour Térence Mushano, le travail d’exhumation et d’identification des victimes doit impliquer des experts. Il cite notamment des archéologues et des médecins légistes pour déterminer avec précision les dates de décès de ces victimes. « Ces experts sont compétents pour déterminer si ces restes humains exhumés sont ceux des Hutus tués en 1972 ou des Tutsi assassinés en 1993 mais également les victimes des autres crises parce que qu’il y en a eu ».

Le vice-président de l’association AC-Génocide appelle la CVR à traiter la question des fosses communes avec sagesse et éviter la globalisation. « Son travail doit réconcilier la population au lieu de la diviser. Etablir les responsabilités pour que la vérité éclate au grand jour et que les coupables soient punis conformément à la loi. Cela servira de leçon aux nouvelles générations pour que les actes ignobles commis dans le passé ne reprennent pas ».

Dans une sortie médiatique 14 février 2020, Pierre-Claver Ndayicariye, président de la CVR a déclaré que le parti Uprona est pointé du doigt pour son rôle dans les massacres de 1972.

Gaston Sindimwo, Premier vice-président du Burundi et président du comité d’orientation de l’Uprona, a dénoncé des spéculations politiques et une CVR en passe d’être instrumentalisée.



burundinews

A lire aussi

Laisser un commentaire