le gouvernement tente de rassurer



Publié le :

La Haute Cour de justice kényane a suspendu temporairement les vols en provenance de Chine. Une décision suite à une plainte déposée par l’association des avocats LSK qui demandait aux autorités d’interdire les avions venus de Chine afin de protéger le pays contre le coronavirus.

Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Nemeth

Accusé de légèreté, le gouvernement a voulu rassurer. Pour le ministre de la Santé, Rashid Aman, il n’y a pas de problème à demander aux passagers de s’isoler et se surveiller eux-mêmes : « Ça veut dire que vous restez chez vous. Vous vous surveillez. Si une personne a des symptômes, elle contacte les autorités. Nos équipes les contactent aussi régulièrement. Ça ne veut pas dire que ces gens sont malades, mais nous ne voulons prendre aucun risque. Donc c’est une mesure de précaution extrême. »

Face au tollé, les autorités ont voulu étaler les mesures prises pour contenir une arrivée du coronavirus. Il y a un plan national d’urgence et des équipes de réponse rapide. Toute personne arrivant au Kenya voit sa température vérifiée. Ainsi 320 000 voyageurs ont été examinés depuis un mois. Les moyens humains ont été renforcés avec 650 professionnels de santé formés, deux laboratoires peuvent désormais établir des diagnostics, une unité d’isolement de 11 lits est prête, une autre de 120 places le sera d’ici un mois.

« C’est une mesure discriminatoire »

Toutefois, certains Kenyans demandent encore aux autorités d’interdire les Chinois d’entrer sur le territoire. Le ministre Rashid Aman a refusé une telle mesure : « C’est une mesure discriminatoire. D’autant qu’aujourd’hui le virus se répand dans beaucoup d’autres pays. Et même si vous stoppez les vols en provenance de Chine, les gens transitent ailleurs. Donc ce n’est pas une solution. Brocarder une population en particulier serait dangereux. »

Le pays reste néanmoins fébrile. Dans la région d’Athi River, un passager chinois a voulu se mettre en quarantaine, comme le demande le gouvernement. La population s’est mise en colère et des agents de santé ont dû être envoyés sur place pour calmer les esprits.



rfi

A lire aussi

Laisser un commentaire