A la découverte du « Ejder Yalçin », qui a causé l’accident sur le Boulevard du Centenaire.


Le Sénégal continue de tester ses capacités de réponse face à la menace terroriste. Seulement, l’exercice de ce jeudi 27 février a failli provoquer l’hécatombe. Après la simulation de prise d’otage suivi de l’intervention des forces de défense qui a eu lieu au Grand Théâtre de Dakar, un incident s’est produit à hauteur du carrefour de la Place de la Nation. L’une des voitures du convoi est subitement sortie de sa trajectoire pour aller heurter deux taxis avant de se renverser. Il n’y a pas eu de perte en vies humaines.

 

Selon le communiqué de la gendarmerie, l’accident a occasionné quatre blessés dont deux grièvement. La gendarmerie regrette cet incident malheureux qu’elle juge douloureux.

 

Les images qui semblent visiblement immortalisées par une camera de vidéosurveillance donne un aperçu des circonstances des événements. On y voit un véhicule qui échappe totalement au contrôle du conducteur à une vitesse vertigineuse. Qu’est ce qui s’est vraiment passé pour qu’on en arrive là ? La gendarmerie annonce une enquête pour élucider cette affaire.

Défilé de 25 blindés Ejder Yalçin au 50e anniversaire de l’Indépendance du Sénégal 

Mais on peut d’ores et déjà se poser la question de savoir si le type de véhicule impliqué dans cet accident est vraiment exempt de reproche ?

D’après la présentation qu’en fait son constructeur, la réponse s’approche de l’affirmative.

 

Fabriqué par la firme turque Nurol Makina, le blindé de combat « Ejder Yalçin » dont le Sénégal a fait défiler 25 lors du 59e anniversaire de son indépendance, a été livré avec un autre, le « Ejder Toma » entre mars et avril 2018 à la gendarmerie qui l’aurait affecté à la légion d’intervention.

 

Produit en 2012, ce modèle qui vient rejoindre la famille des véhicules Ejder de Nurol Makina n’a connu sa commercialisation de masse qu’à partir de 2014.

 

Les ventes de Nurol Makina, tous produits confondus, sont passées de 5 millions dollars en 2012 à 100 millions de dollars en 2016, soit 

quatre fois plus en quatre ans.

 

Selon la description vue sur le site du modèle, « c’est une plate-forme spécifique qui fait ses preuves sur le terrain des opérations bénéficiant d’une grande protection et de mobilité, développée pour répondre aux besoins optionnels d’unités militaires et de forces de l’ordre sur tout type de régions, y compris dans les zones habitées et à la campagne ».

 

« Il offre des solutions spéciales aux différentes exigences opérationnelles des utilisateurs avec des personnalisations telles que la surveillance des frontières et de la sécurité des véhicules, la défense aérienne des véhicules, des véhicules de reconnaissance, le commandement et le contrôle des véhicules, les mines/détection d’explosif, véhicule de combat, transporteur personnel. Il offre une grande protection contre les menaces balistiques, les bombes artisanales et les déflagrations latérales », détaille le site Africanmanager.com.  

 

Un monstre de 14 tonnes 

 

Preuve de sa fiabilité, elle est utilisée par l’armée turque et les forces spéciales de la police. C’est d’ailleurs, ce qui a suscité l’intérêt des autres pays. En Afrique, la Tunisie est le premier pays à acquérir le blindé Ejder Yalçin.

 

Le véhicule de base a une longueur de 5,42m, une largeur de 2,48m et une hauteur de 2,3m. Son poids brut varie entre 12 t et 14 tonnes et sa capacité de charge utile peut atteindre 4 tonnes.

 

Le véhicule est équipé d’un moteur Cummins qui produit une puissance maximale de 300 chevaux à 2100/min. Le moteur est couplé à une transmission entièrement automatique avec convertisseur hydrodynamique. Il est doté d’une boite de vitesse à trois vitesses et d’une direction assistée. Il est également équipé d’une pompe de direction d’urgence secondaire qui fonctionne en cas de panne moteur.

 

Un pilote pas à la hauteur ?

 

Au regard de ces caractéristiques, certains peuvent se demander si le pilote qui était à l’œuvre ce jeudi était à la hauteur pour manœuvrer ce « monstre ». Non seulement, à la demande du Sénégal, une tour ouverte a été placée sur les véhicules, mais il s’y ajoute que des gendarmes sénégalais ont été formés dans les installations de Nurol Machinery pour leur utilisation.

 

 

Il est cependant légitime de se demander si la vitesse à laquelle roulait l’Ejder Yalcin était conforme aux normes édictées ? L’enquête de la gendarmerie répondra sans doute à cette question, en sachant que la vitesse maximale de la voiture est de 120 Km/h. 



Dakaractu

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