Adeptes du système D, les musiciens africains tentent de survivre dans l’ombre des mégastars – Jeune Afrique



Derrière les superstars épaulées par les majors, la très grande majorité des musiciens africains a recours au système D pour survivre. Mais de nouvelles structures se mettent en place pour les aider à émerger.


Boubou trois pièces rayé de rouge, baskets pailletées d’argent et débit mitraillette en bambara. Sur la scène du Moods, un club zurichois d’habitude bercé par des sérénades jazzy, la rappeuse malienne Ami Yerewolo impose son style d’amazone : percussif, ultra-énergique et militant.

La route aura été longue pour l’artiste de 29 ans depuis la petite ville de Mahina, d’où elle est originaire, à 400 km à l’ouest de Bamako, jusqu’à cette scène du nord de la suisse où des programmateurs de toute l’Europe assistent, enthousiastes, à sa performance.

Le Moods, à Zurich, accueillait en effet à la fin de janvier pour la deuxième fois l’événement Show-Me, à mi-chemin entre festival et accélérateur de carrières. Sur la centaine de dossiers de candidature reçus, onze artistes ont été retenus. Et parmi eux, quatre Africains, dont la Malienne, donc, qui n’avait pas pu se rendre à l’édition précédente, faute de visa.

Situation dramatique

Si Show-Me a été conçu pour aider les musiciens émergents, c’est que leur situation s’est dramatiquement aggravée ces dernières années, notamment en Afrique. C’est du moins le constat des deux fins connaisseurs de l’industrie musicale à l’origine de l’événement : la journaliste spécialisée suisse Elisabeth Stoudmann et le musicien d’origine camerounaise Blick Bassy.





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