Brexit : Michel Barnier met ses propositions sur la table



C’est, dans la négociation sur l’après Brexit qui vient de s’engager avec Londres, la première proposition concrète que la Commission européenne met officiellement sur la table. Le négociateur de l’UE Michel Barnier vient de transmettre au Parlement européen et aux 27 Etats membres de l’UE un avant-projet d’accord avec le Royaume-Uni sur la relation future entre les deux blocs. 

Ce document de 440 pages, qui représente la base de départ de Bruxelles dans la négociation, met noir sur blanc l’ensemble des demandes européennes. En particulier sur les trois sujets qui fâchent : le respect d’un « level playing field » entre les deux parties pour éviter tout dumping en matière de concurrence, et d’environnement, la pêche et enfin les services financiers.

« Solides engagement s»

Sur le « level playing field », le texte rappelle le principe que souhaite imposer Bruxelles, et qui pose tant problème à Londres. « Compte tenu de la proximité géographique, de l’interdépendance économique, du degré de connexions entre l’UE et le Royaume-Uni et du fait qu’ils partagent une biosphère commune (…), les parties sont d’accord pour établir de solides engagements qui empêchent les distorsions en matière de commerce et les avantages compétitifs inéquitables, et pour s’assurer  que leurs échanges et leurs investissements mutuels contribuent au développement durable ».

Sur la pêche, le document indique qu’« avant le 31 janvier de chaque année, les parties devront fixer l’agenda des consultations visant à s’accorder sur les possibilités e pêche dans les eaux britanniques et européennes pour l’année suivante ». Il ajoute que « les parties devront établir (…) avant le 10 décembre de chaque année, les possibilités de pêche pour l’année suivante » sur la base du meilleur avis scientifique disponible reconnu par chacune d’entre elles.

Ce texte est en réalité la traduction législative du mandat de négociation fixé par les 27 pays de l’UE fin février, dans le respect de la déclaration politique qui accompagne l’accord de retrait avec Londres. 

Deuxième document sur l’espace et la défense

Bruxelles a aussi mis sur la table un deuxième document, dédié à la défense et l’espace. Il s’agit de montrer que le camp européen est prêt à ouvrir les pourparlers sur ces sujets, sur lesquels Londres refuse à ce stade de négocier. 

Les Etats membres et dans une moindre mesure le Parlement européen pourront donner leur avis sur ces deux documents de travail au cours du week-end, avant leur finalisation en début de semaine prochaine puis leur publication officielle. Les britanniques devraient publier leur propre document de départ dans les jours qui viennent. 

Les négociateurs devaient se retrouver à Londres à partir de mercredi de la semaine prochaine pour un deuxième round de négociations physiques, après celui de début mars Bruxelles. Compte tenu de l’épidémie de Coronavirus, il pourrait se transformer en visioconférence.



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