Avec le “nesting”, les enfants restent au nid, les parents s’y posent en alternance



Une maison où résident les enfants de façon permanente, des parents qui y vivent à temps partiel… C’est le principe du “nesting”, un mode d’organisation qui permet aux couples divorcés de voir leurs enfants régulièrement sans passer par la garde alternée.
 

Un immeuble blanc de la banlieue aisée de Cologne. La cuisine est ouverte sur la salle à manger et le salon, comme souvent dans les constructions récentes. Le regard s’évade jusque dans le jardin encombré de bric et de broc. Des paires de Crocs s’entassent devant la porte de la terrasse.

Stefanie et Oliver Richter m’invitent à m’asseoir à la table de la cuisine. Ils sont tous les deux en chaussons et boivent une infusion de gingembre. Pas de doute, ils sont tous les deux chez eux. Personne ici n’est l’invité de l’autre.

Reste qu’il est très rare qu’ils se trouvent tous les deux en même temps dans la cuisine. Ils habitent ici avec leurs enfants, âgés de 9 et 12 ans, mais jamais en même temps. Le lundi et le mardi, c’est le père qui vit dans l’appartement familial, le mercredi et le jeudi, c’est au tour de la mère, qui s’occupe également des enfants tous les après-midi de la semaine. (La famille ne souhaite pas que les noms des enfants apparaissent dans ce texte.) Les parents se partagent les week-ends. Voilà maintenant un an et demi que ça dure. Nesting [de l’anglais nest, “nid”], tel est le nom de cette forme de cohabitation. Les enfants restent au nid, et les parents viennent s’y poser en alternance.

Un père et une mère restent liés

Depuis quand ne sont-ils plus ensemble ? Qui est à l’initiative de la séparation ? Et qui a eu l’idée du nesting ? Les Richter ne sont pas du même avis. Mais tous deux semblent émus lorsqu’on aborde ces questions. Stefanie Richter, 44 ans, marmonne dans sa tasse, quand Oliver Richter, 48 ans, se caresse la barbe l’air absent. Comment ça s’est passé déjà ? Et quand ? Leur amour s’est fait étouffer par tout le reste, ce qui peut être beaucoup de choses quand on a des enfants et deux boulots prenants, et puis des loisirs, des engagements politiques, des amis. Les disputes se sont faites de plus en plus fréquentes, l’amour de plus en plus rare, et les Richter se sont demandé : sommes-nous toujours un couple ? Ou bien seulement une mère et un père ?

Une mère et un père restent liés, qu’ils le veuillent ou non, et les Richter le voulaient, ils le voulaient de tout leur cœur même. Lorsque en septembre 2018, après avoir dormi plusieurs mois sur le canapé du salon, Oliver Richter emménagea dans un petit trois-pièces à un kilomètre de là, il était évident pour lui qu’il voulait continuer d’être là pour ses enfants. Stefanie Richter, elle, redoutait, avant tout pour les enfants, de prendre une décision définitive :

À mesure que les disputes parentales sont devenues de plus en plus virulentes, les enfants ont eu très peur d’une séparation. Peur de devoir déménager, peur de quitter leur quartier et leurs amis.”

Et comme les Richter ont acheté leur appartement peu après la naissance de leur premier enfant et qu’ils ne sont pas près de l’avoir remboursé, l’idée de continuer d’y habiter sans pour autant être en couple leur a semblé être la seule solution sensée.

Stefanie et Oliver Richter habitent désormais le domicile familial en alternance et – dans leur mode de vie très particulier, c’est le point encore plus particulier – ils partagent également leur second appartement, où Oliver avait d’abord vécu

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Barbara Vorsamer

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Créé en 1945, le “journal du sud de l’Allemagne” compte parmi les quotidiens suprarégionaux de référence du pays. De tendance libérale, il est un grand défenseur des valeurs démocratiques et de l’État de droit. Il emploie ou a employé les meilleures

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