Aux Philippines, les 12 millions d’habitants de Manille sous surveillance à cause du coronavirus



Depuis dimanche, tous les accès à la métropole de Manille sont contrôlés par l’armée. Une mesure pour tenter de limiter la propagation du coronavirus. Les habitants doivent aussi respecter un couvre-feu entre 20 heures et 5 heures du matin.

La métropole de Manille, capitale des Philippines, forte de 12 millions d’habitants, expérimente “une des mesures les plus drastiques de toute l’Asie du Sud-Est contre le nouveau coronavirus”, estime le quotidien The Philippines Daily Inquirer.

Les dispositions prises depuis dimanche consistent en la suspension des liaisons aériennes, maritimes et terrestres de et vers la métropole. Les services religieux, les cinémas, les combats de coqs sont interdits et la plupart des services gouvernementaux sont suspendus jusqu’au 14 avril, détaille le quotidien.

Pas de confinement à l’intérieur de la ville

Depuis dimanche, 56 points de contrôle ont été mis en place sur les routes avec 1 600 officiers de police. Seuls ceux qui peuvent prouver qu’ils travaillent en ville sont autorisés à passer.

Au point de contrôle, les policiers rappellent aux voyageurs d’observer des mesures d’hygiène et de distanciation sociale pour se protéger du virus. Ils portent des masques et sont équipés de scanner de température, mais ces appareils ne sont pas en nombre suffisant, a constaté pour le moment le quotidien.

Des mesures drastiques certes, mais pas de confinement strict de la population. Car les habitants peuvent se déplacer à l’intérieur de la ville pour aller travailler.

L’inquiétude face aux hommes armés

À Manille, les maires des municipalités composant la métropole ont décidé d’imposer un couvre-feu entre 20 heures et 5 heures du matin pour éviter tout regroupement non essentiel, comme les fêtes entre amis, les réunions de famille ou les concerts.

Certaines personnes s’inquiètent de la présence de ces gens en armes aux points de contrôle, poursuit le journal. Ainsi pour Jay, un habitant de la province voisine de Rizal, qui travaille à Manille :

On a un sentiment désagréable. On va juste travailler et soudainement des hommes en armes vous arrêtent. Que va-t-il se passer ? Ils vont tirer sur ceux qui ne suivent pas les ordres ?”

À ses yeux, ce dispositif met de l’huile sur le feu, alors que les gens sont déjà inquiets.

La population est marquée par les assassinats commis par les forces de l’ordre dans le cadre de la guerre contre la drogue lancée par le président Rodrigo Duterte.

Au moins 41 villes des Philippines ont ainsi fermé leurs portes dimanche. Selon un bilan établit le 15 mars, l’archipel comptait 140 cas de Covid-19 et 12 personnes en étaient décédées.





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