«J’ai peur d’une véritable catastrophe »



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Le sélectionneur de l’équipe de Guinée équatoriale est bloqué à Malabo, confiné chez lui et dans l’impossibilité de rentrer en France. Sébastien Migné en appelle aux autorités françaises pour assurer son rapatriement et celui des autres Français.

RFI : Sébastien Migné, vous êtes actuellement bloqué en Guinée équatoriale. Dans quelles circonstances ?

Sébastien Migné : On a été un peu dépassés par la situation. Il y a encore une dizaine de jours, le championnat était toujours en cours et puis tout a été arrêté, subitement. Le pays est pratiquement à l’arrêt et les frontières ont été fermées pour une durée de 30 jours. Aujourd’hui, on est dans l’impossibilité de rejoindre la France, ou le Kenya qui pouvait m’intéresser puisqu’une partie de ma famille y vit. J’étais sélectionneur là-bas (de mai 2018 à août 2019) et pour des raisons de calendrier scolaire, on avait décidé que ma famille resterait au Kenya jusqu’en juin. Mais elle se retrouve dans la même situation que moi…

On imagine votre inquiétude et votre impatience à trouver une solution…

Exactement. Mais j’ai moins peur pour moi. Je fais ce que font la majorité des Français, je reste confiné, je sors une fois par semaine pour faire mes courses. Je suis surtout inquiet pour ma famille, sachant qu’il y a trois enfants en bas âge dont mon aîné handicapé. On ne sait pas comment on réagirait s’il y avait des problèmes respiratoires dus au coronavirus. On sait que les soins ne sont pas les mêmes qu’en Europe donc on a de l’appréhension et on aimerait rejoindre notre terre d’adoption.

Êtes-vous en contact avec d’autres Français qui sont dans la même situation que vous, en Guinée équatoriale ?

Je suis en contact avec certains Français, avec l’ambassadeur de France mais qui ne peut malheureusement rien faire… Pour l’instant, il n’y a pas d’urgence sanitaire reconnue par le gouvernement français en Guinée équatoriale, qui l’inciterait à mettre à disposition un avion pour sortir les ressortissants du pays. J’ai peur d’une réaction trop tardive. On ne sait pas comment la situation peut évoluer sur le continent africain. J’ai peur d’une véritable catastrophe. On vit un peu dans l’angoisse.

La Guinée équatoriale n’est pas encore touchée massivement par le coronavirus ?

Je suis basé à Malabo, la capitale. Neuf cas ont été officiellement déclarés. Mais le médecin de l’équipe nationale, qui travaille à l’hôpital de Malabo, est beaucoup plus alarmiste… Je n’ai pas de chiffres en tête mais il y a quelques jours, on était plus proches de la centaine de cas que des neuf annoncés. On ne sait pas comment on va endiguer le problème, ici…

Quel appel lancez-vous aux autorités françaises ?

J’en suis resté au premier discours du Président de la République, qui avait annoncé très clairement que tout serait fait pour que les ressortissants français puissent rentrer. On est beaucoup dans mon cas, basés en Afrique centrale. Je ne pense pas qu’à moi, c’est la même chose au Cameroun, au Gabon ou au Congo. Nous sommes dans l’attente et j’espère qu’un convoi aérien peut être organisé pour ramener les Français qui souhaitent rentrer.



rfi

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