Afrique: Mort du saxophoniste Manu Dibango – Le Covid-19 emporte la légende de l’afro-jazz


Le monde de la culture pleure Manu Dibango. Le célèbre saxophoniste camerounais s’est éteint hier, mardi 24 mars des suites du coronavirus. Agé de 86 ans, la légende de l’afro-jazz a laissé derrière lui une discographie qui, à elle seule, raconte toute une histoire de la musique d’après-guerre et de la décolonisation.

Hospitalisé depuis le 18 mars dernier après avoir été testé positif au covid-19, le célèbre saxophoniste camerounais Manu Dibango, de son vrai nom Emmanuel N’Djoké Dibango, est décédé hier, mardi 24 mars. La légende de l’afro-jazz a rendu l’âme dans un hôpital de la région parisienne. Il est ainsi la première célébrité mondiale décédée des suites d’une contamination du coronavirus. Dès l’annonce de son décès, les témoignages ont fusé de partout pour reconnaitre son talent de musicien.

En effet, la vie de Manu Dibango a été entièrement consacrée à la musique. Magicien des notes les plus aigües sur son instrument fétiche, le saxophone, la légende l’afro-jazz est un leader de la culture et de la musique africaine. Le titre avec lequel il a acquis une notoriété mondiale fut «Soul Makossa». Sorti en 1972, l’un des plus grands tubes planétaires de la «musique world» est inspiré de la musique typique des trottoirs des villes camerounaises. Le tube a ainsi fait naitre la légende de l’afro-jazz avec une face B d’un 45 tour, dont le titre phare est l’hymne pour l’équipe de foot du Cameroun à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations.

Le titre fera la conquête des Etats-Unis après avoir été repéré par des DJ new-yorkais. Parmi les albums de Manu Dibango, on peut citer «Wakafrika», un voyage de Dakar à Cape Town (Afrique du Sud). Youssou Ndour, Salif Keita, Angélique Kidjo y ont participé. La légende de l’afro-jazz qui se définissait comme un «bâtisseur de pont entre l’Occident et les Afriques» disait également «je suis un musicien hybride à cheval sur deux mondes». En effet, la discographie de la légende de l’afro-jazz raconte, à elle seule, toute une histoire de la musique d’après-guerre et de la décolonisation saxophoniste, Manu Dibango était à la fois pianiste, vibraphoniste, balaphoniste etc.

Initiateur du Festival Soirs au village à Saint-Calais, la ville qui l’a accueilli en France, il a animé pendant des années «La Maraboutique» sur Africa Radio où il fait connaitre le patrimoine culturel africain et a aussi dirigé l’orchestre de la Radio télévision ivoirienne. Avant d’être infecté par le covid-19, l’artiste camerounais donnait encore des concerts malgré son âge avancé. Le 1er février dernier, il a donné un concert à guichet fermé à l’Opéra Berlioz de Montpellier en France.

Né à Douala au Cameroun en 1933, l’inventeur de la «world music» est arrivé adolescent à Marseille en France en 1949. «Les obsèques auront lieu dans la stricte intimité familiale, et un hommage lui sera rendu ultérieurement dès que possible», peut-on lire sur la page Facebook de l’artiste.



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