Avec le confinement, les frontaliers se retrouvent au centre de tensions entre Suisse et Haute-Savoie



Les nombreux travailleurs transfrontaliers qui naviguent entre le département français de Haute-Savoie et la ville suisse de Genève doivent composer avec des règles de confinement différentes de chaque côté de la frontière. Et se retrouvent au centre d’un différent entre responsables locaux.

Une passe d’armes à fleurets mouchetés, et à trois semaines d’intervalles. La Tribune de Genève récapitule les tensions apparues entre le sénateur de Haute-Savoie Loïc Hervé et Antonio Hodgers, président de l’exécutif cantonal genevois : “le coronavirus crispe les relations franco-suisses au sein du Grand Genève”. Mi-mars, alors qu’Emmanuel Macron venait de définir le dispositif de confinement prévu pour la France, Loïc Hervé s’était inquiété du fait que les règles prévues par la Suisse étaient alors beaucoup plus souples. “Nous avons des dizaines de milliers de frontaliers qui font des allers-retours chaque jour. Le télétravail doit être mis en place et le confinement renforcé en Suisse. Le même effort doit être réalisé”, arguait l’élu du groupe Union Centriste.

Certes, rapporte le quotidien, le sénateur savoyard s’est défendu de toute animosité contre le voisin helvétique en voyant la polémique gonfler. Ce qui n’a pas empêché le président du Conseil d’État de Genève de lui répondre dans une lettre ouverte (publiée par Heidi News le 10 avril). “Dans sa réplique, qui arrive trois bonnes semaines après l’amorce du litige, Antonio Hodgers s’en prend à une ‘perception caricaturale de la culture politique helvétique’ poursuit le journal de Genève.

Révélateur de rapports distincts à l’État

Les principes sanitaires sont de fait les mêmes des deux côtés de la frontière – avec la recommandation de limiter les contacts au strict minimum dans le cadre de la distanciation sociale – seules changent les règles d’application. Ainsi l’élu écologiste suisse estime que l’autodéclaration (pour les dérogations de sortie) ou les sanctions appliquées par les forces de l’ordre sont révélatrices d’un certain rapport à l’État, bien français :

Tandis que le chef des armées Macron déclame que la France est en guerre et donne une dimension martiale à la gestion de la crise, le Conseil fédéral suisse insiste sur la responsabilité individuelle et préfère la métaphore sportive du marathon.”

Aucun incident diplomatique n’est pour autant en vue, à plus forte raison que Loïc Hervé joue l’apaisement. Il explique notamment que lors de ces trois dernières semaines, les modèles de confinement français et helvète se sont rapprochés. Et la Tribune de Genève de conclure : “Quant à la responsabilité des citoyens suisses et français, elle sera mise à l’épreuve en ce week-end pascal. Avec dans les deux pays une météo radieuse, hélas peu propice au confinement.”

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Le grand titre de la presse locale genevoise, fondé par un général américain et édité par Edipresse, a fêté ses 125 ans en 2004. Il couvre également l’actualité nationale et internationale, notamment l’actualité liée aux organisations

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